Le 07 décembre 2011 la députée Brigitte Barèges a déposé une proposition de loi, n°4043, visant à «la levée de l’anonymat» et à l’organisation de «l’accouchement dans le secret».
Cet acte parlementaire signe une nouvelle remise en cause des textes de loi qui encadrent l’accouchement sous X.
L’accouchement sous X, anonyme ou secret
L’accouchement sous X n’est pas une pratique médicale. Quand il est décidé, il s’impose à la femme.
La loi autorise l’interruption volontaire de grossesse jusqu’à 14 semaines d’aménorrhée. Lorsqu’une femme ne veut pas ou ne peut plus (diagnostic trop tardif de la grossesse) avoir recours à un avortement elle exprime parfois son incapacité à assumer cet enfant, sa crainte de maltraitance à son encontre, de violences, d’abandon voire d’infanticide.
Depuis janvier 1993 le principe de l’accouchement secret, pratiqué en France depuis le IV siècle, est inscrit dans le Code Civil. L’article 341-1 (modifié art.326 en juillet 2005) dispose que : «Lors de l’accouchement, la mère peut demander que le secret de son admission et de son identité soit préservé.» Il n’y a pas de lien de filiation établi. La mère possède deux mois pour se rétracter. Passé ce délai l’enfant est adoptable.
En 1996, la loi du 07 juillet dite loi Mattéï traitant de l’adoption, se préoccupe des dispositions concernant l’enfant, définissant un «secret de l’identité des parents» en remplacement du secret de l’état civil de celui-ci. Émerge alors la notion de renseignements non identifiants recueillis lors d’un accouchement sous X, dont les lieu, date, heure de naissance, autorisant ainsi l’établissement d’une déclaration de naissance. La loi incite et organise le recueil des renseignements sur la mère (âge, statut physique, nationalité, profession, niveau d’études, goûts et talents…), sur le père et les informations médicales sur la grossesse et l’accouchement mais aussi les antécédents médicaux. Elle structure un accompagnement et un suivi médico-psychosocial des femmes et permet la réversibilité de l’anonymat, la femme pouvant à tout moment faire connaître son identité. Certains des décrets d’application de cette loi ne sont toujours pas parus !
Le texte sur l’accouchement sous X porté par la loi du 22 janvier 2002 relative à l’accès aux origines personnelles, votée à l’unanimité par l’Assemblée Nationale, tient compte des intérêts divergents des mères, des nouveau-nés et des adultes en quête de leur origine. La femme «est donc invitée à laisser, si elle l’accepte, des renseignements sur sa santé et celle du père, les origines de l’enfant et les circonstances de la naissance ainsi que, sous pli fermé, son identité.» (art. L 222-6 du Code de l’Acton sociale et des Familles). Ce pli est confié au service de l’Aide Sociale à l’Enfance relevant du Conseil Général. La loi crée un organe de médiation, le Conseil National pour l’Accès aux Origines Personnelles (CNAOP) qui a pour mission d’instruire les demandes des personnes nées dans le secret et qui souhaitent accéder à leurs origines personnelles. Si la mère de naissance identifiée et contactée accepte de lever le secret, le CNAOP met en relation le demandeur et sa mère de naissance.
Les chiffres de l’accouchement sous X
Chaque année environ 600 femmes accouchent dans le secret alors qu’elles étaient 700 en 2001.
- 23% des nouveau-nés seront reconnus avant l’âge de deux mois et 14% des enfants nés dans le secret seront repris par leur mère
- 29% des femmes laissent un pli fermé avec leur identité, celle-ci pouvant être levée ultérieurement, après consentement, ou après décès
- 25% ne laissent que des renseignements non identifiants
- 22% ne laissent aucune information.
Des menaces fréquentes portées contre l’accouchement sous X
Dès le début des années 1990 de nombreuses personnes ont milité en faveur d’une législation pour les personnes nées ou abandonnées sous le secret et demandé la suppression de l’accouchement dans l’anonymat. Entre 1990 et 2002, sept rapports ont traité de la question avec des positions radicalement opposées et en 1998, le rapport de la commission d’enquête parlementaire présidée par Laurent Fabius proposait «…de conserver auprès d’une institution publique les informations relatives à la filiation biologique de l’enfant… le secret serait levé de plein droit à 18 ans.» En 1998 le rapport d’Irène Théry proposait de supprimer la possibilité de demander le secret lors de l’accouchement, alors que celui de Françoise Dekeuwer-Défossez de 1999 préconisait des solutions permettant «une réversibilité de la discrétion.»
La loi de 2002, voulue par Ségolène Royal, constitue une première étape dans la tentative de remise en cause du droit à ne laisser aucune trace. C’est une atteinte aux droits des femmes car elle renforce «l’invitation» faite aux femmes à laisser leur identité et qu’elle définit «l’importance pour toute personne de connaître ses origines et son histoire», comme un dogme, sans aucune assise scientifique. C’est une loi qui s’applique immédiatement pour des femmes ayant accouché vingt ou trente ans auparavant, le CNAOP pouvant à tout instant faire irruption dans leur vie, leur proposant l’organisation de retrouvailles. Lorsque la demande survient après le décès de la mère, le CNAOP prend contact avec sa famille et lui révèle l’accouchement sous X que la défunte a voulu taire… la rétroactivité de cette loi pose problème.
La Cour Européenne des Droits de l’Homme, dans l’arrêt Odièvre du 13 février 2003 a approuvé la loi française : «…les intérêts en présence font apparaître, d’une part le droit à la connaissance de ses origines…et d’autre part l’intérêt d’une femme à conserver l’anonymat pour sauvegarder sa santé en accouchant dans des conditions médicales appropriées… L’intérêt général est également en jeu dans la mesure où la loi française a pour objectif de protéger la santé de la mère et de l’enfant lors de l’accouchement, d’éviter les avortements, en particulier clandestins, et des abandons sauvages.»
Dans son avis n° 90 «Accès aux origines, anonymat et secret de la filiation», du 26 janvier 2006, le Comité Consultatif National d’Ethique pour les sciences de la vie et de la santé s’est prononcé pour le maintien de la loi du 22 janvier 2002 et il souhaite «dès maintenant que ne puisse jamais être levé l’anonymat d’une mère sans qu’elle y ait consenti de son vivant.»
Le 28 juin 2006, Valérie Pécresse a déposé à l’Assemblée Nationale une proposition de loi, n° 3224, «instaurant un accouchement dans la discrétion». La réaction devant ce texte qui visait à modifier profondément le dispositif législatif en vigueur fut vive. Le Planning Familial, les gynécologues-obstétriciens, les féministes mais aussi l’Académie Nationale de Médecine (communiqué du Professeur Roger Henrion du 21 novembre 2006), opposèrent un refus ferme des changements proposés qui visaient à obliger la femme à donner son identité lors de l’accouchement, qui pourrait rester secrète jusqu’à la majorité de l’enfant, mais dont la communication serait de droit à ses 18 ans. La tentative conduite par Valérie Pécresse échoua.
La dernière bataille livrée à l’accouchement sous X
1) 2010 : les soldats se préparent
Partant du rapport rendu en 2006 par la mission d’information sur la famille et les droits des enfants de l’Assemblée Nationale, dont Valérie Pécresse était rapporteure et qui avait prévalu à sa proposition de loi, le 16 décembre 2009 Nadine Morano a organisé une réunion plurielle en vue de l’évolution de la législation.
Le 12 mai 2010, François Fillon confie une mission à Brigitte Barèges, députée du Tarn et Garonne, UMP Populaire, pour «Faire un état des lieux de la législation actuelle en France et dans d’autres pays. Examiner les avantages et les inconvénients du régime de l’accouchement dans le secret. Faire des recommandations sur l’opportunité d’une évolution du droit d’accoucher dans le secret, et le cas échéant, sur ses modalités de mise en œuvre.» et la nomme parlementaire en mission auprès de Nadine Morano, secrétaire d’État chargée de la famille et des solidarités.
Le 20 avril 2010 Nadine Morano avait déjà confié cette mission à Brigitte Barèges en lui accordant un délai de neuf mois.
Le 06 juillet 2010, la secrétaire d’Etat ordonne à l’IGAS la conduite d’une évaluation de l’activité du CNAOP, en appui à la mission de madame Barèges.
Brigitte Barèges rend son rapport le 12 novembre 2010. Il se veut objectif et impartial, bien que quelques erreurs s’y soient glissées. Singulièrement, peu fidèle au corpus du rapport, la première proposition, législative, vise à «supprimer l’anonymat mais maintenir la possibilité d’accouchement secret.»
2) 2011 : année riche en attaques
Lors de sa séance du 22 janvier 2011, l’Académie Nationale de Médecine adopte le rapport Mantz dont l’objet est de faciliter l’adoption nationale. Il stipule que : «L’accouchement sous X, actuellement menacé de suppression, doit être maintenu. Il permet en effet à la femme qui en a le courage d’assumer sa grossesse et protège la vie de l’enfant conçu.»
Le 08 mars 2011, l’Académie Nationale de Médecine publie le communiqué du Professeur Roger Henrion (ancien président de l’Académie Nationale de Médecine et premier président du CNAOP jusqu’en décembre 2003) «A propos de l’accouchement dans le secret», dans lequel l’auteur s’insurge, rappelant que : «L’Académie Nationale de Médecine confirme sa position déjà émise à deux reprises en 2000 et 2006. Elle réitère son opposition formelle à la possibilité de lever l’anonymat et en rappelle les raisons….Doit-on, dans ces conditions, modifier une loi équilibrée qui ne concernerait que 1,5% des personnes nées dans le secret ?… Il serait souhaitable que la législation concernant ce sujet crucial cesse de fluctuer au gré des changements de responsables politiques entretenant chez les mères un climat d’insécurité propre à les faire fuir ou à s’enfermer dans le secret, là où la confiance et la sérénité seraient éminemment nécessaires pour un bon accompagnement.»
Le 09 mars 2011, à l’Assemblée nationale, lors des questions au gouvernement, la députée Marie Odile Bouillé interpelle le Premier Ministre : «Nous savons aussi que certains veulent remettre en cause l’anonymat…Je vous demande de prendre clairement position afin d’empêcher toute remise en cause de ce droit des femmes, reconnu par la loi.» Roselyne Bachelot, Ministre des Solidarités et de la Cohésion Sociale, répond : «…Le droit à accoucher sous X est un droit irréfragable des femmes, et il nous faut le protéger… j’ai demandé à madame Barrèges de poursuivre ses travaux pour accompagner ces femmes qui accouchent sous X pour les inciter à laisser ces informations, identifiantes ou non identifiantes, et à avoir un vrai suivi médical et psychologique. Mais croyez, madame la députée, que nous allons protéger ce droit des femmes.»
Le 12 mai 2011, lors de la réunion du CNAOP, madame Bachelot fit un discours : «…saluer le travail de Brigitte Barèges, même si je ne partage pas toutes ses options. Nous en avons discuté à deux reprises et j’ai exprimé ma réserve quant à la levée de l’anonymat…Je ne suis donc pas favorable à l’idée de contraindre les femmes à laisser leur identité.»
Le Professeur Roger Henrion publie une tribune dans la Revue du Praticien de septembre 2011, «L’accouchement sous X peut-il encore exister ?», où il dénonce la répétition de sa remise en cause.
Le 07 décembre 2011 madame Brigitte Barèges dépose une proposition de loi visant à «la levée de l’anonymat» et à l’organisation «de l’accouchement dans le secret.» Ce texte est sidérant car il s’agit d’un copier-coller, à la virgule près, de l’article 1 de la proposition de loi déposée en 2006 par Valérie Pécresse.
Sidérant et ignoble
De qui se moque-ton ?
Dans quelle mascarade parlementaire sommes-nous ?
Le passage en force d’un texte, déjà refusé, ayant consommé pour arriver à sa déposition :
- Une mission parlementaire de 20 mois
- Un groupe de travail pluriinstitutionnel
- Une mission d’évaluation de l’IGAS avec audit du CNAOP pendant 12 mois
- Toute l’agitation au CNAOP et dans les départements,
alors que le texte législatif proposé dormait au chaud dans les tiroirs depuis 5 ans ?
Nous devons nous interroger sur le coût de l’opération. Ces élues et ces ministres ont une singulière vision du rôle de parlementaire. Ils dilapident l’argent publique. Ils ne méritent pas la confiance du peuple.
Nous devons nous interroger sur sa portée politique. Madame Barèges est une députée UMP Populaire. Les cosignataires de la proposition 4043 sont mesdames Françoise Hostalier, Josette Pons, Jacqueline Irles et Maryse Joissains-Masini, ces deux dernières étant aussi membres de l’UMP Populaire.
Nous devons nous interroger sur le lobby que représente ce texte, celui de la suppression du secret : suppression du secret de l’accouchement aujourd’hui, suppression du secret sur le don de gamètes, sur le don d’embryons, sur le don d’organes, non ? et probablement tri sélectif des donneurs mais aussi des receveurs ???
Un tel acharnement, une telle force, un tel engagement des puissants pour fragiliser un petit rempart érigé autour de l’une des plus grandes misères de la condition humaine ! La souffrance des femmes qui avancent, portant jusqu’au terme de la grossesse un ventre lourd d’un enfant qu’elles vont donner, le plus tôt possible, pour le protéger des violences – sociales, économiques, physiques, maltraitantes – dont elles savent intimement qu’ils en seront victimes s’ils restent auprès d’elles, parce qu’elles n’ont pas les armes pour les mettre à l’abri.
Nous sommes ici dans l’indicible.
L’indicible c’est, pour ces femmes, ne pas pouvoir accéder à l’interruption de la grossesse, ne pas vouloir y aller pour des convictions religieuses mais protéger la vie de l’enfant.
L’indicible c’est leur souffrance quotidienne durant toute la période de la grossesse ; c’est leurs mains qui n’osent pas caresser l’enfant dans leur ventre, de crainte de ne pas pouvoir conduire la période schizophrène de leur grossesse. Quand je les vois en consultation, je les aime, je les rassure, je les serre dans mes bras, je leur dis que leur choix est beau et généreux, d’accepter de subir toutes les difficultés de la grossesse, d’en vivre tous les tracas, seules et isolées, sans partage, sans pouvoir accéder aux bonheurs de la grossesse. Schizophrènes elles le sont lorsque nous faisons les échographies, leur visage tourné vers le mur pour que nous puissions vérifier que l’enfant porté va bien. Schizophrènes elles le sont lorsqu’elles acceptent de subir l’accouchement, d’y souffrir, d’avoir mal….pour rien au bout. Elles sont courageuses, elles sont douces, elles sont révoltées, elles ont parfois la haine du père de l’enfant, de ce qu’elles ont subi, mais arrivent à dissocier, le temps de la grossesse. Elles expriment parfois l’envie de frapper ces enfants enclos, de les tuer, de mourir avec eux.
Nous sommes dans la plus grande des hypocrisies.
Madame Barèges, madame Pécresse, madame Morano et madame Bachelot, vous êtes-vous interrogées sur le pouvoir de destruction qu’a sur une femme la découverte d’une grossesse dont elle sait qu’elle ne pourra pas assumer l’enfant ? La césure cérébrale est immédiate. Vous n’avez pas fait cas des liens forts entre déni de grossesse, découverte tardive de la grossesse, grossesse cachée et maltraitance.
Vous, femmes publiques, femmes de pouvoir n’êtes pas à même de nous donner des statistiques sur les néonaticides.
Vous n’êtes pas fichues de nous donner pas même une idée du pourcentage, parmi les suicides ou tentatives de suicide des femmes, de celles qui sont enceintes. Et pourtant, une des principales causes des tentatives de suicide chez les mineures est la survenue d’une grossesse. Où sont les chiffres ?
La réalité est que vous portez, sous couvert d’une transparence licite pour la demande d’accès aux origines, un combat au service d’une morale du tout biologique. Car, si votre désir était seulement de satisfaire les questions posées par les enfants adoptés, vous aviez une grande latitude pour cela, simple, celle de formaliser en le complétant davantage le fascicule de recueil des données non identifiantes. Les femmes qui accouchent sous X comprennent et acceptent de répondre longuement à toutes les questions. Les enfants ont besoin de cela, pas du nom de leur mère.
Vous ouvrez à nouveau le combat.
Nous, femmes, médecins, citoyens, sommes en face de vous, debout, pour protéger les droits des femmes et empêcher toute atteinte à leurs libertés.
Otilia Ferreira
Gynécologue-obstétricienne
Médecin de Protection Maternelle et Infantile
Conseiller national du Mouvement démocrate
Le 12 décembre 2011
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Add. du 21/01/2012
-> A lire sur le site du Comité Consultatif National d’Éthique pour les Sciences de la Vie et de la Santé (CCNE) : Avis n°090 Accès aux origines, anonymat et secret de la filiation (24-11-2005)
-> Le rapport de l’IGAS sur le fonctionnement du CNAOP remis à Roselyne Bachelot en juillet 2011
-> Article sur le sujet : « Il est mort et enterré, l’accouchement sous X ? » de Jean-Yves Nau sur le site Slate.fr




moi, femme, mère de 2 enfants et épouse de pitaud (comme on a nommés tous ces enfants de la ddass pendant des années) milite pour la suppression de l’accouchement sous x vers un accouchement protégé. quand vous aurez vu comme moi pendant des années pleurer un homme de plus de 40ans en évoquant le fait qu’il ne connaisse ni ses parents ni ses frères ou soeurs biologiques, de s’entendre traiter de moins que rien quand on ne sait pas d’où on vient par des personnes pas très intelligentes, vous pourrez revoir vos copies. les enfants deviennent des adultes qui ont besoin d’une base. vous êtes vous seulement mises une seule fois à la place de ces enfants? moi j’ai pensé à ces femmes dans la détresse à un moment de leur vie, qui ont opté pour ce genre d’accouchement alors qu’un accouchement secret, protégeant la mère jusqu’à la majorité de l’enfant, pourrait aider ,et les mères et les enfants et ne me dites pas qu’elles n’ont jamais pensé une seule fois à l’enfant qu’elles ont abandonné.
pour mon mari, cela a été une bataille de recherches de plusieurs années et une joie pour tout le monde de retrouver. 2 frères, 6 neveux et nièces et tous les ans on se voit et toutes les semaines, on s’appelle et si par moment , mon mari en parle encore, c’est par nostalgie et surtout le regret d’avoir retrouver sa mère trop tard. c’est en gardant l’accouchement sous x que les enfants abandonnés accumuleront pour certains de la rancoeur et pour d’autres l’incapacité à se trouver une place dans la socièté.
nous sommes en 2012, pas en 1944, voulez vous qu’on vous rappelle pourquoi fut voté l’accouchement sous X ?
Bravo Stingre, bien dit.
Philippe Haguenauer, né sous X en 51 a Paris,
Je réagis au nom des x en colère et je suis fatigué d’argumenter, vous parlez d’une situation que vous ne connaissez pas et le mot enfance ou enfant ne ressort quasiment pas dans votre article pour vous contenter de chiffres alors si vous voulez parler de politique, faites , pointer les depenses inutiles pour un projet doublement refusé mais ne parlez pas d’autre chose!!
Il n’est pas question que ces femmes ne puissent pas accoucher dans le secret et que leur identité soit protégée; il est question que 18 ans apres et si et seulement si elles sont consentantes des contacts puissent s’établir avec leur enfant naturel. Mais elles pourront toujours le refuser.
Par contre oui le sous X il faut l’abroger; sous X ca veut ire que jamais aucune trace ne pourra plus exister. C’est un crime psychique qui a fait et fait encore des vies gachées, des petrsonnes qui vont errer jusqu’a la fin de leur jours dans la folie d’être né du vide de n’avoir ni père ni mère.
C’est impensable n’est ce pas et c’est pourquoi vous Madame Ferreira qui etes bien « normale » vous ne pouvez pas penser la souffrance de ne pas appartenir à la grande chaine des humains. Tout enfant a droit a son histoire; ce n’est pas un nom dont nous voulons mais notre inscription dans la chaine de l’humanité; est ce trop demander?
La liberté de chacun s’arrête là où commence celle des autres … et s’il était possible de trouver un juste-milieu plus équitable ?
Le projet de loi déposé à l’Assemblée Nationale le 5 décembre dernier par la députée Brigitte Barèges vise à supprimer l’anonymat inhérent à l’accouchement sous X, mais à maintenir un accouchement « dans le secret », afin de protéger la femme tout en accordant à l’enfant le droit de connaître ses origines à sa majorité, « s’il le souhaite ». Il s’agit d’accéder à un équilibre des droits encore jamais atteint.
Il faut souligner que la lutte menée pour l’abolition de l’anonymat n’est pas un combat politique, mais une cause humaniste.
Le droit de la femme à ne pas être mère n’est pas remis en question et ne peut être jugé. Cependant, accoucher dans l’anonymat a des conséquences psychologiques et médicales, pour les mères et pour les milliers de nés sous X en recherche que nous sommes. Bien que nous soyons une minorité face à la population française totale, une minorité ne mérite-t-elle pas d’être défendue ?
Il ne s’agit pas simplement de connaître l’identité de nos parents biologiques, mais aussi et surtout d’accéder à une partie de notre histoire : des éléments pouvant paraître anodins à qui les connaît, mais primordiaux à qui ne sait rien. Nous touchons ici à l’humain, à l’émotionnel, au médical. Le biologique ne primera jamais sur l’affectif, cependant nous avons besoin des deux types de liens pour nous construire sereinement.
Vouloir savoir qui nous a porté durant 9 mois, si nous avons des frères et sœurs, quels sont nos antécédents médicaux, pour quelles raisons avons-nous été abandonnés … voilà une liberté fondamentale à laquelle chaque être humain doit être en mesure d’accéder. Ces simples réponses nous permettraient de pouvoir faire le deuil d’un abandon resté à jamais gravé au fond de notre mémoire.
L’accouchement sous X détruit aussi les mères de naissance. Qui peut réellement affirmer qu’une femme accouchant sous X dans la détresse mesure toutes les conséquences de son choix, à la fois pour l’enfant mais aussi pour elle ? Que des années après, elle aura fait le deuil d’un acte n’ayant légalement jamais existé et d’un enfant auquel elle repensera plus d’une fois ? Qui peut jurer qu’une situation inextricable à un moment donné l’est toujours des années après ? L’accouchement sous X n’est pas une liberté pour la femme, mais une aliénation, un déni et un enfermement.
Les nés sous X ne demandent pas de contraindre quiconque aux retrouvailles mais réclament le droit de savoir, au moins celui-là.
Afin de couper court aux arguments concernant les risques sanitaires, il est évident que tout sera fait pour que ceux-ci soient palliés par un accompagnement et une protection pré et post accouchement. Reconnaissons que les abandons sauvages ou les infanticides existent malheureusement déjà, malgré la loi actuelle permettant l’accouchement sous X. Il faut garder à l’esprit que confier son enfant et le tuer sont deux actes complètement différents, et craindre plus d’infanticides reviendrait à faire passer toute femme pour une meurtrière potentielle.
Le peuple français ne peut plus, de nos jours, accepter de subir une loi datant du régime de Vichy, une loi obsolète et destructrice. Nos revendications ont été co-signées par 8 associations de personnes nées sous X au sein d’un « Manifeste contre l’accouchement sous X » pouvant être consulté sur le site internet de l’association « X en Colère » .
La révolution des « X » est en marche …
Audrey Herpe, secrétaire de l’association « Les X en Colère »
En effet, nous sommes dans la plus grande hypocrisie… mais aussi dans la plus grande mauvaise foi !
ET VOUS…
- Vous êtes-vous demandé pourquoi des pays qui n’ont pas l’accouchement sous X (tel la Belgique) ne compte pas plus de néonaticides que la France ?
- Vous êtes-vous demandé pourquoi ces pays n’enregistrent pas plus de suicides ?
- Vous êtes-vous demandé de qu’il en est du droit des pères complètement bafoué par l’accouchement sous X ?
- ET SURTOUT vous êtes-vous demandé ce qu’il en est du droit des enfants… dont vous estimez normal qu’on décide de leur vie sans leur donner le droit à la parole ?
- Une femme est-elle toujours une femme dès lors qu’elle place sa pseudo liberté au devant de celle de son enfant et de son bien être ?
- Le droit de la femme… QUEL DROIT ?… celui de souffrir sa vie durant d’ignorer si son enfant est mort ou vif ?… celui de se demander s’il est heureux ou maltraité ?… celui d’être emprisonnée dans le silence et le déni (oui le déni) puisqu’une femme qui accouche sous X est une femme affichée comme n’ayant pas accouché ?
- Quel intérêt visez-vous réellement ?
Celui des femmes ?… ou celui d’un Etat à qui il est plus « facile » et surtout à qui il coûte moins cher de voir des enfants confiés en adoption que de développer ses services sociaux pour aider les femmes qui bien accompagnées et aidées pourraient très souvent garder leur bébé ?
- Vous êtes-vous demandé pourquoi de plus en plus de mères se battent et combattent pour que cette loi du X disparaisse ?
- Vous êtes-vous demandé pourquoi en France on peut encore déclarer un enfant « enfant de naissance » de ses parents adoptifs ?
- Vous êtes-vous demandé pourquoi en France on peut encore voler un enfant ?
- Vous êtes-vous demandé pourquoi le CNAOP se voit répondre qu’il n’y a aucune identité de la mère (dans certaines oeuvres) alors qu’une fois la mère retrouvée on apprend qu’elle a recherché son enfant, qu’elle et/ou sa famille soutient l’oeuvre régulièrement etc… et que donc l’Oeuvre avait de quoi répondre ?
- Vous êtes-vous demandé » A QUI PROFITE LE CRIME ? «
Seulement 1,5% des nés sous x souhaitent connaitre leurs origines?? Je pense que vous faites erreur Madame .Il serait interressant de poser la question à tous les nés dans le plus grand secret. Par contre 1,5% qui se battent pour connaitre la verité peut etre,car croyez moi ,depuis 15 ans c’est un véritable combat que je mène . Tout est tellement verrouillé ,bien ficelé qu’il faut de la ténacité pour arriver, pas à pas,à obtenir le moindre renseignement . Vous ,qui sans doute avez la chance de connaitre votre arbre genealogique,n’imaginez sans doute pas la souffrance des nès sous x .Bravo et merci à Mme Barèges ;
La liberté de la mère s’arrête là où celle de l’enfant commence voilà ce que je préconise. Assez de cette loi inique ! Vous rendez-vous compte que la « mère » peut refuser de communiquer son nom même après sa mort ?!
Savez vous que les enfants grandissent ? qu’ils deviennent à leur tour homme et femme, parfois père et mère ? Je suis une femme, née sous « x » suis-je une sous-femme ou une sous-citoyenne ? N’allez-vous donc pas défendre ma voix ?
Par le biais de cet article vous relayez et défendez le mensonge organisé…
J’en ai finit avec le modem !
Défendre les femmes c’est bien, c’est utile, c’est nécessaire.
50% des nés sous X sont des femmes adultes ou en devenir.
Et ceux qui s’insurgent contre notre « revendications » en les mettant sous une lumière qui les fait ressembler à du caprice ne savent pas de quoi ils parlent.
Moi aussi je me tiens droite en face de vous, Madame Ferreira, entourée de bons nombres de FEMMES NEES SOUS X pour vous dire qu’on ne protège pas les femmes en laissant un secret scellé ad vitam ! On ne protège pas non plus leurs enfants. On ne protège pas non plus leur famille qui pâtit largement des dégâts collatéraux des secrets de famille. On ne protège personne que son ego …et encore, bien mal.
A bon entendeur, je ne vous salue pas.
Zabou
Femme et Née sous X
Otilia Ferreira est peut-être femme, médecin et citoyen, comme elle signe, mais ignorante du sujet dont elle parle.
Il y a une vie (des vies, normalement) après l’accouchement sous X : un enfant en nait, amputé à jamais de son identité et de sa filiation.
Mais la mère aussi survit, amputé de cet enfant dont elle ne peut faire le deuil. On ne fait pas le deuil de rien ! Beaucoup ne s’en remettent jamais.
Mme Otilia Ferreira est médecin de PMI le nez dans le guidon de son travail, et ne voyant pas plus loin que le bout de son nez : le suivi de la grossesse, l’accouchement, et puis basta. Dans les associations d’adultes, nous les retrouvons 5, 10, 20, 40 ans après, ces femmes et ces enfants devenus adultes, souvent adoptés, mais pour qui le manque est une souffrance indicible.
Certaines mères en difficulté, veulent être protégées (de leur mari, de leur famille, de leur entourage), mais pas de leur enfant§ Ce n’est pas un danger pour elles.
L’anonymat ne protège rien, sinon très temporairement et illusoirement.
Le texte d’Otilia Ferreira fait vomir. Par quelle inconscience peut-on parler du « droit de ne laisser aucune trace » . Un enfant ce n’est pas une trace ? La mère a t elle le droit de l’amputer de sa filiation, de son histoire et de son identité. Accepteriez vous qu’elle dise « il est à moi, je peux lui couper un bras, et tant pis si ça lui fait mal » ? Or elle dit « c’est son enfant, elle peut lui couper sa généalogie, tant pis si ça lui fait mal »
Le projet Barèges propose une dispositif qui garantit le respect des droits des uns (pour les mères : au respect, à une protection,) et les droit des autres.
Madame Otilia Ferreira se dit « citoyenne ». Nous ne sommes pas de la même cité qui écrase les plus faibles, femmes en détresse et enfants sans parole. Construisons une cité plus humaine.
Pierre VERDIER – avocat – ancien DDASS – président de la CADCO
Bravo pour tous les commentaires ci-dessus en particulier celui de Pierre Verdier. Je usi tout a fait d’accord avec vous tous.
Cette loi qui date de 1941 a été faite par des adultes , pour des adultes au détriment des enfants !! Car dans ce texte actuel la femme a des droits mais l’ enfant n’ a AUCUN DROIT !! Que savent ils tous ces beaux parleurs de ce que ressent un enfant né sous x qui se regarde tous les matins dans un miroir sans tain , il ne sait pas qui il est , il ne sait pas à qui il ressemble il est dans le NÉANT !!! De plus comment connaitre ses antécédents médicaux quand on ne connait pas ses origines , tous ceux nés ainsi si ils ont besoin d’ une greffe ou d’ un donneur pour sauver leurs vies , ils ont le droit de MOURIR dans l’ indifférence générale de tous ces gens bien pensant qui s’ en moquent complétement car ils ne sont pas » CON » « CERNNES » Aux armes nes sous X .
bonjour
Je suis une victime de la naissance sous X :en 1960, le personnel de l’hôpital La Pitié-Salpêtrière a utilisé cette disposition pour me voler à ma mère de naissance.
J’ai relaté tous ces faits dans un livre qui s’intitule un nom pour naître.
J’ai aussi gagné le procès que j’avais intenté à cet hôpital :l’arrêt a été rendu le 22 septembre 2011 et la faute grave de l’hôpiotal a été reconnue (manipulation du registre des naissances et complicité de vol d’enfant);.
Le droit des unes s’arrête là ou commence la dignité de l’autre.
Rozenn Monereau
Merci pour les commentaires sur ce sujet délicat
Je les ai signalés à Mme Ferreira
quelques précisions cependant
A Jean-Marie François : de l’ordre de 1 à 2% selon le Comité National Consultatif d’Ethique dans son avis cité dans l’article ci dessus.
A Monnereau Rozen : Si la justice déclare qu’il y a eu vol d’enfant, c’est très grave. On ne peut en disconvenir.
A Graciane : n’est-ce pas la loi de 2002 qui est en vigueur ?
« D’autre part, la mère de naissance est informée qu’à tout moment, elle peut lever le secret de son identité qu’elle ait accouché sous X ou confié son identité sous pli fermé. Elle peut également remettre ce pli ultérieurement ou compléter les renseignements donnés lors de la naissance. En revanche, elle n’aura pas la possibilité légale de rechercher l’enfant qu’elle a abandonné. L’initiative ne peut venir que de l’enfant. »
sur le site droitsenfant.com
Ce n’est visiblement pas satisfaisant, selon vous.
Bien cordialement
JML
Bonjour JML
OUI la mère PEUT…
OUI le Mère PEUT…
- Mais comment expliquez-vous que tant de mères qui ne lèvent pas le secret voire qui disent « non » aux organismes officiels disent « oui » à leur enfant y compris via les Associations ?
- Mais comment faites-vous pour que les mères à qui ont a dit que leur enfant était décédé pensent à lever le secret ?
- Mais comment faites-vous pour que les mères puissent retrouver un enfant né « là » à « telle date » alors que derrière le dos de la mère on a déclaré l’enfant né « ici » à « autre date » ?
- Mais comment faites-vous quand un enfant se croit né en France et qu’en réalité il est né ailleurs ?… et que sa mère ignore qu’il est parti pour la France en plus ?
- Mais comment faites-vous quand un Etat Civil ne fait pas son travail et qu’un enfant comme « Rozenn » est tout simplement « volé » ?
- Mais comment faites-vous quand un enfant est déclaré enfant de naissance de ses parents adoptifs ?
- Mais comment faites-vous quand un enfant ignore son adoption ?
- Mais comment faites-vous quand enfant né sous X votre santé ou celle d’un de vos descendants directs est en danger et que vous ignorez tout de votre hérédité ?
- Etc…
ET L’ENFANT, IL PEUT QUOI LUI ?
UN PAYS CIVILISE NE SE DOIT-IL PAS DE D’ABORD PRESERVER LES VICTIMES ?… LE PLUS FAIBLE ?
Le droit des femmes doit-il à lui seul valoir ? Et celui des enfants ? Et celui des hommes ? Et celui des fratries ? Et celui des familles ? Et celui de la société ?
je me permets d’ajouter qu’il s’agit d’une tribune libre et que le débat est apparemment loin d’être fermé.
Personnellement, n’étant pas spécialiste du sujet, pour tous ces sujets délicats de société, il me semble que nous avons la chance en France de disposer d’un Comité National Consultatif d’ Éthique de grande qualité.
(absent : merci de patienter pour l’approbation des commentaires – JML)
Bonsoir,
Tout d’abord, il est important de préciser que nous ne sommes pas contre l’adoption en effet, il y a des cas où il n’y a que cette solution qui se présente. En revanche, pourquoi interdire à ceux qui sont nés ou pas nés sous X de faire des recherches et de rechercher leurs racines ? Cela semble curieux puisque si ça ne représente qu’ un faible pourcentage de personnes, ces personnes en recherche qui gênent-elles pour qu’il y ait une telle virulence à leur égard et contre le Projet de Mme Barèges ? Vraiment on se croirait au Moyen Age, Voltaire amène nous tes Lumières ! ! !
Ces incroyables de penser que des gens ayant un « blanc » dans leurs origines vivent comme nous tous ! Côtoyer-les et alors vous pourrez parlez de ce que vous connaissez !
« La Femme est l’Avenir de l’Homme »… Pas toujours apparemment !
Je viens de lire cet article et vos commentaires avec beaucoup d’émotion. Je ne suis pas née sous X, j’ai eu la chance d’avoir des parents, qui ont élevé courageusement 7 enfants.
Je suis femme et mère et j’ai défendu pendant presque 30 ans le droit des femmes à l’égalité dans le travail, mais là, je ne comprends pas en quoi, le fait de laisser ses informations personnelles, pour que son enfant puisse connaître ses origines (si il le désire) est une atteinte au Droit des Femmes…. Au contraire, il me semble que ça déculpabiliserait la mère et la rendrait plus responsable de ses actes. Comme le dit M. Verlier, « l’anonymat ne protège rien, sinon très temporairement et illusoirement » et ne peut engendrer que de la souffrance à un moment ou à un autre.
Il faut penser aussi aux pères. J’ai connu en 79, un homme qui revenait du service militaire. Sa compagne l’avait quitté et avait accouché sous X pour qu’il ne connaisse pas son enfant (ça se faisait beaucoup à cette époque !). J’ai vu sa détresse et ses larmes. En vain, il a remué ciel et terre pour retrouver cet enfant.
J’espère de tout cœur que votre combat réussira.
En 2012, à l’ère de la communication et de la transparence, on ne doit plus mentir sur des sujets aussi graves !
Sylviane P.
Le problème dans l’adoption, c’est l’abandon.
Lorsque la société cessera de considérer ces mères « abandonnantes » comme des fautives tout ira beaucoup mieux pour tout le monde.
Ces femmes ne seront plus rongées par la peur, la culpabilité et la honte.
Ces enfants n’auront plus à subir le poids du secret de leurs naissances.
Françoise, née sous x qui a retrouvé sa filiation d’origine.
Recevoir les futures mères en consultation ne vous a manifestement pas permis de cerner la réalité de la naissance sous x. En effet que savez-vous de ces femmes et de leur vie une fois qu’elles ont quitté votre cabinet?
Les associations qui accueillent mères-et les enfants- peuvent parler de leur détresse 10, 20, ou même 50 ans après. Pensez-vous qu’une mère puisse oublier le bébé auquel elle a donné la vie, car la loi prétend qu’elle n’a pas accouché? Avez-vous déjà fait des médiations mère/enfant Madame Ferreira? Croyez-moi, le moment où une mère, bravant la peur légitime que lui inspire l’idée d’une révélation à ses autres enfants, commence à poser des questions sur celui qu’elle a du abandonner est d’autant plus émouvant qu’elle n’ose avouer qu’elle est la mère… Savez-vous qu’elles sont soulagées de nous revoir?…
Voyez-vous dimanche dernier lors du café-débat CADCO, Jean-Claude, qui vient fidèlement depuis 11 ans, nous a annoncé rayonnant qu’il venait de retrouver sa mère après 60 années de recherche. L’émotion était palpable parmi nous, la joie partagée aussi, tant cela était improbable, inespéré qu’il puisse lui aussi avoir la chance d’éprouver cette paix intérieure à 81 ans.
Voilà un aperçu de ce que, du fond de votre ignorance, vous qualifiez de tout biologique.
Que vous le vouliez ou non Madame Ferreira, nous avons avec nos parents un lien de vie. Cela semble vous dépasser, tout le monde l’a bien compris tant votre vision de l’humanité donne la nausée.
En effet, les femmes ont aujourd’hui la maîtrise totale de la fécondité. Pour quelle raison souhaitez-vous maintenir un dispositif qui les infantile et les aliène à leur insu le plus souvent, qui plus est au détriment des pères et des enfants? Le mépris affiché par les féministes à l’égard des hommes et des enfants est palpable dans vos propos qui les excluent de fait du droit.
Souhaitez-vous que se multiplient les affaires Charnolé -un père privé de sa fille car sa compagne a accouché sous x-ou Oger, -les seuls grands-parents à avoir pu récupérer in-extremis leur petite-fille tandis que tous les autres grands-parents échouent dans cette démarche? Telle est la société que vous défendez.
Votre interprétation de l’égalité des droits homme/femme/enfant est des plus singulière. Et amoindri l’image du parti dont vous êtes Conseillère Nationale, ce qui est bien dommage.
Anne-Marie Comparini, nous avait reçu avec gentillesse et compréhension lors des dernières présidentielles.
François Bayrou avait répondu en décembre 2006 au courrier que lui avait adressé les différentes associations, évoquant un « problème délicat » qu’il convenait d’étudier avec attention.
A la lecture de vos propos, nous aimerions qu’il opte pour une position claire sur la naissance sous x.
Le président d’un grand parti humaniste, partisan un état protecteur de la défense des petits, des obscurs et des sans grades sera-t-il attentif à préserver les droits des 2 enfants qui naissent chaque jour sous x en France? Plus vulnérable qu’un nouveau-né abandonné par ses parents, exclu du droit par l’état français – qui a ratifié en 1990 la Convention Internationale des Droits de l’Enfant et ne la respecte pas depuis lors,-on ne peut pas rêver mieux à protéger!
Marie AFR/Anne Halvorsen
Membre de la CADCO
Les mères de naissance à qui l’on permet d’accoucher dans l’anonymat pour soit disant les protéger à un moment de leur vie où elles sont vulnérables, se rendent vite compte qu’elles se sont fait gruger, mais c’est déjà trop tard! c’est certainement aussi pour les protéger qu’il leur est interdit de rechercher leur enfant…qui peut accepter cela? qui peut avaler une telle ignominie? pour qui les prend t-on?qui peut oser nier que ça sera pour elles, enfermement, solitude, souffrance, regrets de l’acte posé, qui? si ce n’est ceux qui ne sont pas concernés!
Si les mères de naissance bénéficiaient d’un réel accompagnement et d’une information complète sur les conséquences pour elles comme pour leurs enfants, plutôt que de les inciter à l’abandon, bons nombres des naissances dans l’anonymat seraient évitées!
Madame Ferreira, arrêtez de penser à la place des mères de naissance et des nés sous x, je vous invite à lire les témoignages sur divers forums et vous en conviendrez peut être que vous vous êtes trompée, après tout il n’y à que les imbéciles qui ne changent pas d’avis!
Je suis mère de naissance…et le mot « protection » retentit sur moi comme un coup de poing en pleine figure et me laisse un goût plutôt amer! je m’insurge lorsque vous dites à ces mères que vous les aimez, les rassurez et les serrez dans vos bras en leur disant que leur choix est beau et généreux…alors même qu’elles vous demandent de l’aide vous leur assurez votre protection…est-ce vraiment cela qu’elles attendent de vous? en êtes-vous sûre? savez-vous seulement ce que va être leur vie après un tel choix? les avez-vous revues ne serait-ce qu’une seule fois? vous ont-elles dit comment elles géraient leur vie sans cet enfant? vous ont-elles dit quel impact avec le recul ce choix avait eu sur leur existence? aucune d’entre elles ne vous a dit avoir le sentiment d’avoir été victime d’un abus de faiblesse, de s’être fait voler leur pouvoir de décision? non?
Probablement pas, parce qu’en les protégeant, vous les avez réduit au silence, à rester dans l’ombre!!
Je suis privilégiée, j’ai retrouvé mon enfant, après 21 ans au cours desquels au nom du soit disant « Droit de la Femme » j’ai dû vivre sans lui mais sans jamais l’oublier, sans jamais oublier non plus que je l’avais mis au monde et qu’il s’en est suivie autant d’indifférence par ceux qui pensent comme vous Madame Ferreira!
J’encourage toutes les mères de naissance à faire tout le contraire de ce que vous attendez d’elles Madame Ferreira, qu’elles sortent de l’ombre dans laquelle vous les avez collé, vous et tous ceux qui prônnent pour l’accouchement sous x, qu’elles gardent la tête haute, qu’elles restent dignes, qu’elles aillent vers leurs enfants et qu’elles leur restitue ce Droit qui est le leur comme tout un chacun de savoir qui ils sont et d’où ils viennent! qu’elles les rejoignent dans leur combat, qu’elles soient à leurs côtés « contre » le secret qui pourrit la vie de tous les concernés!
Moi, mère de naissance, suis là aussi en face de vous Madame Ferreira, debout aussi, pour vous dire que votre soit disant protection du Droit de la Femme quant il s’agit d’accouchement sous x est un leurre et que par conséquent vos propos me donne aussi l’envie…de vomir!
Bonjour,
Le texte de madame Ferreira n’est pas à jeter dans son ensemble. Il pose bien le problème de la dépense inconsidérée des budgets publics: on fait, on refait des commissions, des enquêtes alors qu’elles sont déjà faites (projet de loi au chaud depuis 5 longues années).
La discussion et la réflexion sur l’accouchement sous X ne doivent pas être liées à des enjeux de basse politique. Contrairement à ce que dit madame Ferreira, l’abrogation de l’accouchement sous X n’a rien à voir (et/ou ne devrait rien à voir) avec le choix du tout biologique.
Je suis née sous x, ce x a permis pendant 37 ans à mes parents adoptifs de me cacher mon adoption, et de me plonger dans un gouffre d’interrogations, de doutes qui m’ont conduite jusqu’à la maladie. Quand j’ai découvert la réalité de mon adoption j’ai entrepris un parcours du combattant de 8 ans, au terme duquel j’ai retrouvé de manière tout à fait fortuite ma mère (par le biais de petites annonces!), une mère qui attendait ce jour depuis bien longtemps. Je tiens à dire que j’entretiens toujours des rapports filiaux avec mes parents adoptifs, et que j’en ai tissé avec ma mère de naissance, les uns n’excluant pas les autres.
Ce qui se passe aujourd’hui, si je suis les chiffres donnés par madame Ferreira, c’est que plus de 300 enfants par an, nés en France, seront confrontés à ce mur de silence: Certains arriveront à vivre avec, plus ou moins bien, pour d’autres ce sera l’impossibilité d’aller de l’avant, parce qu’impossibilité de connaître le passé.
Est-il vraiment utopique de demander que chaque né sous X puisse au moins une fois dans sa vie voir le visage de celle qui lui a donné le jour? Une fois et pas davantage avoir la possibilité de lui parler? Ne pas imaginer cette femme soit en mieux, soit en pire (les fantasmes ce n’est bon pour personne) 18 ans après l’accouchement. Est-il vraiment impossible de demander à cette femme une heure de sa vie 18 ans plus tard – si l’enfant qu’elle a porté 9 mois et mis au monde en a besoin? Ce serait tellement rassurant pour l’enfant:
1) de savoir qu’il pourra, s’il le demande, rencontrer sa mère.
2) de pouvoir tourner la page.
Il ne faut pas oublier que le nouveau-né est un Homme en devenir et qu’il a lui aussi des droits. Que la connaissance des origines fait partie de ces droits.
Oui à la remise de l’enfant à l’adoption par la mère, (elle aussi a ses droits) mais en toute transparence pour l’enfant. Donc oui à l’accouchement protégé.
je ne vais redire tout ce qui a déjà été dit.
Je suis mère, sage-femme, et épouse de Né sous X.
Toute la famille n’a pas fini et ne finira jamais de se guérir de cette cohabitation avec le secret des origines.
Madame Ferreira est médecin soit, je ne met en cause ses qualités professionnelles et médicales, mais combien de temps un médecin conscre t-il à sa cliente? En public , les sages femmes sont les premOtilia Ferreira est peut-être femme, médecin et citoyen, comme elle signe, mais ignorante du sujet dont elle parle.
ières interlocutrices , les Assistantes sociales, et si la grossesse est » normale » combien de fois voit elle un médecin??, en privé le médecin assure des consultations, et arrive souvent pour pratiquer l’accouchement suite à l’appel de la sage femme qui a suivi un travail! Je serai donc en plein accord avec P.Verdier, »
« Otilia Ferreira est peut-être femme, médecin et citoyen, comme elle signe, mais ignorante du sujet dont elle parle »
Quand à ces Messieurs de l’Académie de médecine, ces Professeurs qui ont certes apportés au cours de leur activité des découvertes, des améliorations dans les prises en charge par leur recherches, ne savent pas de quoi , ils parlent . Ce sont tous des des ultra conservateurs , enfermés dans leur bulles de grands bourgeois qui ont pour certains eux même présidés des cliniques , et des oeuvres d’adoption .
¨
Puisque le Modem, s’engage à défendre des minorités , c’est donc l’occasion ou jamais .
Que le MODEM, écoute et entende les personnes nées sous X.
Les femmes veulent l’égalité , elles n’en seront pas dévalorisées si elles comprennent que le respect de l’enfant est aussi le respect de ses droits à lui.
Françoise Kriguer
Bonjour,
merci pour les commentaires.
Permettez-moi de poser naïvement 3 questions
1) Toutes les personnes dont il est question dans les commentaires sont-elles nées sous x après la loi de 2002 actuellement en vigueur ? Je veux dire : avons-nous assez de recul par rapport à cette loi pour considérer d’emblée qu’elle n’est pas une bonne loi ?
2) En imposant par la loi que les mamans souhaitant accoucher anonymement donnent leur identité, n’y a-t-il vraiment aucun risque d’obtenir l’effet inverse de celui escompté : plus d’enfants abandonnés lors d’accouchements survenus en dehors de tout contexte médical, avec les risques que cela comporterait ?
3) Si la maman ne veut pas, malgré une loi l’y obligeant, donner son identité, sera-t-elle condamnée ?
A Françoise Kriguer, concernant les questions délicates d’éthique, le CCNE ne vous parait-il pas un organisme adéquat, respectable et suffisamment compétent pour réfléchir ?
Cordialement
JML
Bonjour JML,
1- Je laisse le soin aux concernés de répondre à cette question.
2- Quand vous parlez de « risques » pouvez-vous préciser votre pensée…j’ai le sentiment qu’il s’agit là de l’éternel amalgame qui est fait entre les mères de naissance qui accouchent sous x (dans la plupart des cas bien malgré elles) et celles qui commettent des infanticides! est-ce à cela que vous pensez? si c’est le cas, c’est bien dommage que soit véhiculée cette idée de ce que nous sommes nous les mères de naissance. Cette confusion est hélas trop souvent de rigueur et c’est vraiment faire l’autruche sur cette différence que de véhiculer un tel schéma!
3- Vous seriez certainement surpris si une loi obligée les mères de naissances à laisser leurs identités de ce qu’elles feraient! n’oubliez pas que l’accouchement sous x tel qu’il est pensé aujourd’hui ne laisse pas d’autres choix aux mères que celui de l’anonymat et
il est aisé de dire ensuite qu’elles peuvent lever le secret de leurs identités…
Alors combien même seraient t-elles condamnées si elles refusent…dans les conditions de la loi en place, elles sont déjà condamnées ad vitam eternam à l’issue de leurs choix posés et des conséquences qu’ils auront sur leurs vies!
Madame et chère confrère,
L’attention que vous portez aux femmes abandonnantes vous honore. Vous les «voyez, les serrez dans vos bras » et leur offrez votre écoute bienveillante. A la lecture de votre article, je ne doute pas un seul instant de votre sincère empathie envers ces mères en souffrance. J’imagine que vous avez choisi d’être aux côtés de ces quelques femmes isolées car Soigner est pour vous prendre soin du plus petit.
C’est pourquoi, à la lecture de votre article, je ressens un profond malaise : Comment pouvez-vous reprendre à votre compte les propos de Monsieur HENRION qui prétend qu’il n’est pas nécessaire de modifier une loi qu’il juge « équilibrée » sous prétexte qu’elle ne « concernerait que 1,5% des personnes nées dans le secret » ?
Comment pouvez-vous en tant que soignante, prétendre que ces « petits » là ne valent pas la peine d’être entendus ? Ont-ils à vos yeux moins de valeur que leur mère biologique ? Pour quelle raison ne les prenez-vous pas dans vos bras eux aussi ?
Je vous rappelle que l’accouchement sous X a été conçu par le gouvernement de Vichy. (Décret de loi du 02 septembre 1941). Ainsi était sauf l’honneur des prisonniers français à qui on évitait le désagrément de retrouver leur épouse tondue…
L’abandon n’est pas un geste d’amour, c’est une tragédie. Les femmes ne sont pas forcément averties ou n’ont pas forcément compris les conséquences à long terme de l’anonymat pour elles et leur enfant. Vous pensez les aider en les encourageant au déni ce qui est une erreur. Il ne restera aucune trace écrite, aucune existence légale de leur grossesse. Pire, elles n’ont jamais accouché. Ces mères de l’ombre sont condamnées à vivre avec ce secret. Cette loi n’est pas un droit donné aux femmes mais un déni de la femme.
Vous affirmez que l’enfant a besoin d’informations non identifiantes et pas d’un NOM, feignant de ne pas comprendre que ses personnes ont avant tout besoin de retrouver un visage, une histoire singulière, une identité humaine. Vous allez jusqu’à qualifier de « sidérant et ignoble » le lobby que représente le projet de loi Bachelot qui préconisait en 2011 la suppression de l’anonymat des donneurs de gamètes dans le cadre des assistances médicales à la procréation.
J’imagine que vous parlez de l’association PMA que j’ai fondée en 2004. Comme si cela ne vous accablait pas assez, vous allez jusqu’à agiter le chiffon rouge « d’une morale du tout biologique » et d’un probable « tri sélectif des donneurs mais aussi des receveurs » si l’anonymat des donneurs de gamètes était levé. Une rengaine désormais classique, que nos détracteurs nous servent et resservent à tout bout de champ sur leurs plateaux d’argent dégoulinant de mépris. J’ose espérer, Madame, que votre ignorance du sujet est la seule raison de ces allégations mensongères et ridicules. Quelle acrobatie intellectuelle faites-vous pour écrire qu’il y aurait un lien de cause à effet entre lever l’anonymat d’un donneur à la majorité de la personne issue de son don d’un part, et le fait de sélectionner les donneurs 20 ans plus tôt ? Vous semblez ignorer de plus que les ténors des banques de gamètes qui clament que la biologie n’a aucune importance, prennent grand soin à l’appariement des donneurs et des receveurs. C’est justement parce que les gamètes sont anonymes que les médecins des CECOS se permettent de trier les donneurs et prennent l’initiative -sans qu’aucune loi ne le leur ai jamais demandé- de les sélectionner afin qu’ils ressemblent aux papas. La sélection est axée sur des critères physiques , le groupe sanguin et sur les populations à risque génétique. Si la famille des receveurs est génétiquement prédisposée à tel ou tel risque, on évitera un sur-risque en choisissant un donneur qui ne présente pas la même prédisposition familiale. Vous voyez que l’eugénisme n’est pas du côté que vous pensez !!
En tant que présidente de l’association PMA – dont vous jugez l’action sidérante et ignoble – j’aimerais vous faire prendre conscience qu’un des fondements de la souffrance des personnes issues d’un don de gamètes anonymes (IAD) est qu’elles sont jugées immatures. Elles sont arbitrairement décrétées immatures, puisqu’on leur dit qu’elles ne doivent pas savoir d’où elles viennent. On leur dit aussi que c’est pour leur bien, et qu’elles ne devraient pas être aussi ingrates envers leurs parents qui ont souffert et envers leur généreux donneur. On leur dit que quand même qu’elles pourraient faire un effort et penser à autre chose ! Loin d’être des enfants ingrats de la science, ils sont soutenus par leurs propres parents dans cette quête, lesquels ne se sentent aucunement menacés par une levée de l’anonymat de celui ou celle qui leur a permis de connaitre le bonheur d’être parents.
En tant que médecin vous ne pourrez contester que les vecteurs de notre nature biologique sont bel et bien les gamètes…
Un don de gamète est un don spécifique qui ne peut être assimilé à un autre don de cellule. C’est un don d’hérédité qui fait de chacun d’entre nous un être unique. C’est une réalité qui ne mérite ni d’être diabolisée ni sacralisée. La quête des origines n’est pas une nouvelle religion et ne doit en aucune manière constituer une menace. L’origine biologique de l’être humain est indéniable, et reconnaître cet «invariant», c’est simplement reconnaître l’humanité de la nature biologique de l’homme. La condition génétique de l’homme est une part de son humanité, à laquelle elle ne peut être réduite mais qui ne peut être ignorée. Le savoir sur soi participe à la construction de l’identité. Le principe d’anonymat, en proclamant que certains enfants sont issus de nulle part, de gamètes sans nom, insignifiants, vides de sens, prive ces enfants non seulement d’une partie de leur histoire, mais également d’une partie de leur humanité.
Dans quelle histoire s’inscrire si elle n’a pas de début ? Quel récit transmettre à ses propres enfants ? Les personnes issues de dons savent pertinemment font partie de ces enfants produits en masse, un peu à l’image d’une armée de soldats et constatent en outre que les médecins qui ont aidé à leur conception les considèrent parfois comme de petits rats de laboratoire. On comprend mieux dès lors, le besoin qu’ils ont, de retrouver une humanité, une singularité, qui passe par le fait de pouvoir mettre un visage sur celui ou celle qui leur a donné la vie.
Un don anonyme est un don sans matière, mais un don tout de même. Une générosité d’autant plus intrigante qu’il est interdit de la nommer. Un vide d’autant plus blessant que trop peu de gens acceptent d’écouter la souffrance des principaux intéressés. Pourtant, ils sont devenus adultes. Sans le projet parental de leurs parents, ils ne seraient pas en vie. Mais la volonté seule de leurs parents n’est pas suffisante pour expliquer leur naissance !! Personne ne naît par la seule volonté, ni même du saint Esprit ! Un homme est bel et bien venu un jour donner son sperme ! L’acte de solidarité que font ces hommes et ces femmes en acceptant volontairement et gratuitement d’aider un couple infertile doit être un acte responsable. Les parents qui transmettent leurs valeurs ont eu un projet parental décisif, et à l’origine de l’enfant, il y a aussi le donneur.
Il est anormal que la loi française autorise qu’une institution séquestre et dissimule volontairement ces éléments constitutifs de l’identité d’autrui. Cette détention organisée constitue sans nul doute, une atteinte voire une violence faite à l’intimité, sur laquelle il importe de s’interroger aujourd’hui :
Pourquoi les IAD et les X sont-ils ainsi mis au ban de notre société ?
En 1994, le principe de l’anonymat organisé par les CECOS fut entériné et légalisé sans discussion.
En 2004, lors de la première révision législative, le dogme de l’anonymat ne fut même pas discuté.
En 2011, le débat a eu lieu avant d’être l’objet d’un putsch organisé par une poignée de législateurs, médecins de leur état…
Nous avons aussi besoin comme vous, Madame, d’être reconnus comme personne digne de respect dans son originalité et sa différence, et porteuse d’un certain nombre de droits en tant qu’homme et citoyen. La vérité sur soi amène à s’accepter humain : pas moins, pas plus.
Nous, femmes, médecins, citoyens, sommes en face de vous, debout, pour protéger les droits des enfants et les défendre contre toute tentative qui tendrait à mépriser son originalité et sa différence, humilier sa dignité, le priver de sa liberté et de ses droits.
Pauline TIBERGHIEN
Née sous X
Gynécologue obstétricienne au centre d’Assistance Médiacele à la Procréation de Valenciennes
Présidente de l’association PMA
Procréation Médicalement Anonyme http://www.pmanonyme.asso.fr/
Merci Pauline pour ta vision juste du sujet.
à Patou, je parle de risque médical.
Réponse à JML
1. Personnellement, je suis ce qu’on pourrait avoir une « simple » citoyenne ! Pas née sous x et pas mère de naissance… maman de coeur de deux orphelins (de mère).
Dans mon enfance, j’ai partagé le parcours de souffrance d’une cousine qui recherchait sa mère au Liban… nous avons vécu au rythme des tentatives de suicide jusqu’à ce que « ouf » la mère et la fratrie furent retrouvées pour le meilleur !
2. Depuis 11 ans, je me suis « laissée faire » par une personne adoptée et par une mère de naissance… et j’ai accepté d’aider ceux qui recherchaient !
J’ai dit « oui » mais en exigeant qu’alors se réunissent dans une seule association : personnes adoptées, familles de naissance et familles adoptives.
En 11 ans, une seule mère a dit « non » à accepter le contact avec son enfant… certaines avec plus de limites posées que d’autres… mais une seule !
3. Je suis née en Belgique où l’accouchement sous X n’existe pas.
Même si ce qu’on appelle le « trafic franco belge » a fait du dégât on constate que les personnes adoptées qui sont nées sous le secret et les autres n’ont pas du tout le même parcours de vie, de grandissement et de regard sur leur adoption.
On constate aussi que ce « trafic » ne touchait pas (en majorité) des femmes en grande détresse !!!
4. Je rejoins Françoise en partie !
Ecouter certains grands professionnels est à double tranchant !…
Parlent-ils réellement dans l’intérêt des femmes qu’ils rencontrent OU protègent-ils leurs intérêts personnels voire professionnels ?
Qu’ont-ils à répondre à toutes ces jeunes filles (à l’époque majeures seulement à 21 ans) qu’ils ont accouchées sous X alors qu’elles ne voulaient pas abandonner leur bébé ?… à celles à qui ils ont dit (avec les parents) que leur bébé était décédé ?
Plus récemment, à celles à qui ils ont « présenté » l’accouchement sous X plutôt que d’approfondir le « pourquoi » du projet d’abandon et de leur ouvrir d’autres pistes ?
Par exemple : Pourquoi faut-il aujourd’hui une ordonnance de son généraliste pour aller passer une radio mais pas de contact avec son généraliste pour accoucher sous X ?
Le généraliste qui « est censé » avec une relation de plus grande « proximité » avec ses patients ?
Car s’il est vrai que certaines femmes sont en grande détresse, elles ne le sont pas toutes…
De plus, comment des médecins peuvent-ils accepter que des enfants naissant se voient privés de recours à l’information médicale au fil de leur vie ?
Que diront-ils à ces personnes (ou à leurs enfants) privées de leurs origines… le jour où ils ne pourront pas les soigner par manque de renseignements concernant l’hérédité ???
5. A la question de « condamnation » je répondrai par une question…
Pourquoi la France estime-t-elle devoir protéger les « femmes » absolument mais qu’Elle ne paraît pas avoir de souci pour obliger les « hommes » à assumer les fruits d’une grossesse même si pas désirée ?
Les Citoyens ne seraient-ils plus égaux dans ce pays ?
6. La première question n’a pas raison d’être « personnes nées après 2002″… sont des personnes qui ont aujourd’hui 9 ans !!!
Cela dit des exemples ont malheureusement déjà prouvé qu’elle n’empêchait pas des situations inacceptables !
7. Pour être 7/7 jours, 24/24 heures, 365/365 jours de l’année (nuit et jour) à la disposition des personnes nées sous X et des familles de naissance et des familles adoptives, je suis persuadée que l’anonymat de la naissance suivi du non accès de droit aux origines est une horreur, un drame et une abérration qui fait souffrir tout le monde y compris les membre des familles et les proches !
8. Pourquoi l’accouchement sous X se voit-il enfermé, au quotidien, dans quelques considérations « porteuses » pour le discours de ceux qui le défendent mais ne voit pas remises en cause les « autres » motivations d’un Etat, d’un Corps médical, d’une Société à le préserver ?
Est-il « simple » problème de grossesse et de naissance ou touche-t-il aux politiques sociale, économique et familiale bien plus largement ?
La Famille n’est-elle pas une cellule « base » de la société (quelle qu’elle soit) et ne mériterait-elle pas un ministère complet et réuni pour gérer tout ce qui touche à elle ?
Pourquoi devons-nous entendre parler au quotidien de l’accouchement sous X protecteur de la femme au quotidien… et non entendre parler de lui au quotidien comme souffrance pour l’enfant et destructeur de droit et de liberté pour l’enfant, pour les hommes, pour les familles ???
En parlant de la loi Ségolène Royal de 2002 vous dites, faisant référence au droit et besoin de chaque individu de connaitre ses origines « qu’elle définit comme un dogme sans aucune assise scientifique ».
Je vous demande, Madame, quelle assise scientifique vous prouverait quoi que ce soit ? Les personnes nées sous X ne cherchent pas forcément à résoudre les problèmes auxquels ils sont confrontés en passant par le monde médical. Qu’attendez-vous donc ? Un taux de suicide que vous pourriez confronter à celui de l’infanticide pour décider de quel côté le risque est le plus grand ? Vous risquez alors d’être déçue, nous sommes fragiles peut-être mais pas davantage. Nous sommes fiers et discrets sur ce qui pèse sur nos vies. Mais de grâce, que personne ne vienne nous dire que nous vivons très bien ainsi parce qu’aucun dogme médical est venu asseoir les raisons d’être de ce que nous réclamons !
Ce qui est de l’ordre du ressenti est très rarement assis correctement par des dogmes scientifiques.
Les histoires sont différentes, les fragilités sont spécifiques à chacun, nous sommes cependant réunis très nombreux autour de la même demande et vous êtes à ce point réticente à l’entendre que vous attendez qu’un dogme médical vous prouve une chose qui vous dépasse totalement ? Etes-vous gynécologue ou psychiatre, Madame ? Etes-vous abandonnée ou mère ayant accouché sous X, Madame ? ou bien n’êtes-vous rien qu’une femme qui pense, qui croit, qui écrit mais qui n’est en fait sûre de rien et qui surtout ne l’admettrait jamais ?
Bonjour M. BAYROU,
Je suis en tant que futur votant lors des prochaines élections très intérrogatif à comprendre votre attititude face à nous les »Personnes nées sous X ». Si vous souhaitez être Président de la République Française, ayez le COURAGE ET LE SIMPLE RESPECT DE NOUS CONSIDERER COMME DES CITOYENS A PART ENTIERE. Mais à mon avis nos problèmes purement humains sont loin de vos préocupations actuelles et passées. Le tout est pour vous comme pour vos CONFRERES que »LA SOUPE SOIT BONNE ». Nos problèmes ne vous font pas passer des nuits blanches.
Quant à votre Médecin Mme Ottilia FERREIRA Médecin Gynécoloque et vu ses affirmations pour nos douleurs en recherche de nos origines, J’éspère qu’elle n’a pas eu d’enfants, que durant sa formation Elle a dû faire souvent l’école buissonière sur certains sujet et que ses affirmations contre nous ne CORRESPONDENT PAS A UN DIPLOME DE MEDECIN.
Si cette »FemmeMEDECIN » a le courage de me contacter, pas de problème pour moi. Tèl: 03.83.25.66.19 / 06.81.20.49.19 Mais également vous pouvez me contacter via l’un de vos Collaborateurs.
Comme le 20 mars 2012 j’aurai 65 ans et mon Epouse également ayant été Sage-femme durant 40 ans, à priori je pense que ce bon Médecin n’est pas à la hauteur de sa fonction et aussi n’aura certainement pas le courage de me contacter.
JF KRIGUER
Président de PROPHYLA-XY
On dit qu’il faut tourner 7 fois sa langue dans sa bouche avant de parler aux risque d’être HORS SUJET, merci de l’appliquer avant de poster un article aussi HORS SUJET que celui là!!!!!!
Mensonge Organisé De l’Etat =accouchement sous X
La loi vole l’identité des enfants, de quel droit?????
Née sous X très très en colère!!!!!!
Quelques éléments de réponses au message MODEM du 21 janvier
1/ avons nous assez de recul par rapport à la loi Royal du 22 janvier 2012?
Oui, il n’y a pas besoin de recul supplémentaire pour voir qu’elle maintient la possibilité d’anonymat, et pour voir les piètres résultats du CNAOP.
2/ les risques en cas de suppression du secret? Nous proposons, avec Brigitte Barèges le maintien du secret pendant 18 ans. les futures mères seraient donc accueillies dans la discrétion dans le hôpitaux. Quant aux danger d’infanticide , regardez les pays voisins, qui ne connaissent pas le X, et n’ont pas plus d’infanticides;
3/ que faire à celles qui refuseront de laisser leur identité ou donneront une fausse identité? Brigitte Barèges répond dans l’exposé des motifs : rien. Pas de sanction pénale. C’est le cas dans tous les pays. c’est le cas en France si vous vous cassez le bras ou vous faites opérer de l’appendicite avec la carte Vitale de votre voisin. Mais il y a une différence entre tolérer un petit pourcentage de tricheur et organiser le secret
Comment être encore pro accouchement sous X à la lecture de tout ces commentaires, qui expliquent très bien, chacun dans leur style, l’enjeu et les conséquences destructrices de l’anonymat, pour les personnes nées avant ou après 2002.
Quelle belle image du féminisme vous donnez Madame ! finalement vos arguments ne sont guère différents des féministes d’extrême gauche. J’ai eu une grand-mère féministe qui s’est toujours battu pour le droit des femmes, pourtant elle n’a jamais proféré de tels propos ! Vous vous battez pour l’égalité mais à vous lire nous en sommes bien loin puisque vous prônez la supériorité des femmes sur les enfants, les hommes, et les citoyens français adultes en quête de leur passé.
Comment parler d’assise scientifique dans un tel sujet qui touche à l’humain ?
Dans les années 70, on estimait à 400 000 le nombre de personnes abandonnées en France, sous X ou non (ce qui ne veut pas dire que l’accès à leurs origines est plus simple), adoptées ou non. Je vous laisse imaginer le nombre que nous sommes actuellement, bien que les taux d’accouchements sous X aient baissé depuis, avec tout de même des chiffres élevés dans les années 80/90.
Maintenant soyons clairs, l’accouchement sous X, outre le fait qu’il enferme femmes et enfants dans le déni et le secret, permet bien trop de dérives. Si vous souhaitez des exemples il y en a à la pelle, rien qu’ici Rozenn Monnereau en a témoigné. Les médecins, les hôpitaux, les administrations ont de tout temps falsifié des tas de dossiers pour brouiller les pistes, et continuent à le faire.
Pourquoi un né sous X peut-il avoir jusqu’à 3 actes de naissance avec dates et lieux modifiés ?
Pourquoi mettre dans des dossiers ASE de fausses informations qui conduiront certains à faire fausse route dans leurs recherches durant des années ?
Pourquoi orienter une femme vers l’anonymat à tout prix sans lui faire part de solutions alternatives, en omettant parfois de lui dire qu’elle pourra à tout moment revenir sur ce « X » ?
Pourquoi faire croire à des femmes que leur bébé est décédé à la naissance ? Pourquoi cacher des informations à la personne en recherche quand pourtant il n’existe aucune preuve de demande de secret ?
Des questions comme celles-là je pourrais en poser des milliers, car elles sont basées sur des faits réels et non fantasmés. Et je vous promets que le jour où certaines vérités éclateront, certains pourront aller se cacher…
Voilà ce qu’a permis et ce que peut encore permettre le « X », en plus de déresponsabiliser, culpabiliser et faire souffrir parents de naissance, parents adoptifs à qui l’on a aussi souvent menti, et nés sous X.
Vos propos sont d’arrière-garde, et je sais l’ouverture d’esprit bien plus large de la génération à venir. Donc les choses changeront un jour ou l’autre.
En attendant, je peux vous assurer Madame, que nous n’avons pas fini de nous révolter et que nous sommes inépuisables …
je réitère mon opposition à l’accouchement sous X en sortant de l’anonymat ! Je suis Jean-Marie (prénom d’origine) né le 22 mars 1950 à Niort et porteur de « vrais faux papiers » puisque mon acte de naissance a été retranscrit à St. Maixent-l’Ecole en toute légalité pour brouiller les pistes ! J’ai obtenu davantage de renseignements il y a 20 ans que par le CNAOP qui vient de clôturer mon dossier… Le CNAOP n’a donc pas rempli sa mission. Il gère avant tout des dossiers mais oublie qu’il y a des êtres humains qui eux, sont privés de leurs origines à cause justement de l’accouchement sous X ! Je soutiens Brigitte Barèges dans sa proposition de loi sur l’accouchement dans le secret (protégé) et le Manifeste contre l’accouchement sous X qui est en train d’être diffusé et qui a l’adhésion des Associations qui militent pour le droit à la connaissance des orgines des Nés sous X. Consultez le site de « la bouteille à la mer » et vous comprendrez que des centaines de nés sous X y ont déposé une annonce comme ultime recours à une quête légitime sur leurs origines. Que l’année 2012 apporte un réel changement pour les nés sous X et que nos voeux accompagnent Mme Barèges dans l’aboutissement de sa proposition de loi soutenue par l’ensemble des associations qui oeuvrent depuis des décénies pour la suppression de l’accouchement anonyme afin que la France qui se dit afin que la France qui se dit pays des droits de l’Homme, soit en conformité avec la Convention Internationale des Droits de l’Enfant.
Bonjour à tous!
Je rejoins bien évidemment les arguments exposés en réponse à l’article de Mme Otilia. Etant moi même née sous x, je ne connais que trop bien la souffrance liée au secret et au vide…Laquelle se trouve amplifiée depuis des années par la difficulté des recherches auquel je dois faire face. Je ne m’étendrais pas sur les conséquences de ce « x » sur les enfants et les adultes qu’ils sont devenus. Les témoignages précédents résument assez bien le mal-être que l’on nous a imposé de vivre. Et puis, surtout, je ne voudrais pas que l’on accuse, nous « nés sous x », de n’envisager ce débat qu’au travers de l’enfant. Néanmoins, je constate que les différents commentaires provenant des personnes nées sous x ou de ceux qui les soutiennent, abordent la question de la suppression de l’accouchement sous x avec un minimum d’objectivité et en considérant tous les acteurs(enfant, parents biologiques et parents adoptifs). Et, je déplore, Madame que vous n’ayez fait de même…Il est vrai et on me le dit souvent que je suis trop naïve! Effectivement, le début de mes recherches, ma rencontre avec des associations et les réseaux d’informations m’amènent à réaliser que la souffrance engendrée par un secret n’est pas une évidence pour tous, que malgré les progrès de la médecine, de la psychologie et de la psychanalyse, concernant l’influence de la vie prénatale et des premiers mois de la vie sur la construction de l’enfant, beaucoup pensent encore qu’il est préférable de faire comme si de rien n’était, comme si de rien n’avait été.
Sachez qu’il n’est pas toujours chose facile d’envisager les raisons qui peuvent amener une mère à abandonner son enfant. En tout cas, pour moi, cela n’a pas été chose facile…C’est une fois que la colère s’apaise, que l’on n’incrimine plus les parents adoptifs ou les parents de naissance, que l’on peut envisager qu’à un moment dans sa vie, une femme se voit obliger de faire ce choix et de prendre conscience que ce fut douloureux aussi pour elle. Ce cheminement, Mme Ferreira, amène donc à l’ouverture et à l’empathie et je déplore une nouvelle fois que vous n’ayez pu en faire preuve.
C’est pourquoi, je vous interpelle sur le sujet que vous défendez et l’unique acteur que vous semblez représentez: la mère. En effet, c’est ce passage qui a le plus attiré mon attention. En le lisant, j’ai pu percevoir combien vous viviez la souffrance de ces mères et c’est pourquoi, vous semblez trouvez dans l’accouchement sous x la seule solution pour ces femmes. Premièrement, comme cela a été dit, personne n’a remis en question le fait que les femmes puissent avoir cette possibilité. Deuxièmement, je vous pose la question de savoir si l’on peux déterminer une vie à partir d’un instant « T »? Ce qui, en somme, reviendrait à dire qu’une personne n’évolue jamais! De plus, je trouve quelques paradoxes dans vos propos au sujet de ces mères. Vous décrivez la souffrance de ces femmes durant la grossesse et l’état schizophrénique dans lequel elles se trouvent. Je me demande alors de quelle façon ces femmes qui ont du intériorisé leur souffrance, dénier ne pas avoir eu d’enfant peuvent se reconstruire sereinement? Car, en leur permettant de mettre une croix sur l’accouchement, de mettre un x sur leur enfant, ne pensez-vous cautionner ce déni dont vous parlez? Je pense, bien au contraire que faire acte de cette naissance, permettrait à ces femmes de l’inscrire dans la réalité et de pouvoir vivre avec. En laissant leur identité, ces femmes en souffrance dont vous parlez, pourraient être légitimées. Et l’enfant lui, pourra exister, pas à partir du moment où il a été adopté, mais à partir du jour où il est né.
C’est pourquoi, j’espère de tout cœur que ces messages seront entendus pour qu’enfin ce « x » ne soit plus. Ce qui fait qu’un individu s’inscrive dans la société, c’est que celle-ci le reconnaît, par son existence, ses choix, ses fautes et ses mérites.
Pour finir, il serait fort intéressant d’avoir une réponse de la personne à l’initiative de cet article et non des intermédiaires….
alaure.
Je crois effectivement que vous n’avez rien compris à l’accouchement sous X, ni côté mère abandonnante ni côté enfant abandonné
J’ai découvert à 49 ans que j’étais né sous, avec un prenom, un age et une ville j’ai retrouvé ma mère et mon père au cimetiere après 7 ans de recherches
Vous vous abritez derriiere des textes de loi aussi injuste en négligeant la souffrance des 2 côtés
Quand on se lance dans la recherche de son histoire, on sait bien qu’on ne va pas decouvrir une histoire joyeuse, et alors, c’est notre histoire, comme vous avez la votre
MAIS, VOUS ? Pourquoi pouvez vous connaitre la votre et pas moi, ?
Et votre mère ne vous dit elle pas que vous êtes ce qu’elle a de plus cher au monde, pourquoi la miènne n’a pas le droit non plus
Quand allez vous accepter des reformes de société qui ne s’écrivent pas seulement de loin
Christine BOUTIN va appeler à voter pour vous, demandez lui de vous expliquer et de vous ouvrir les yeux
Aurez vous le courage d’accepter un débat public sur la question ?
Bonne soirée de reflexion
Pierre louis rene est mon identité de naissance, je l’
Je crois effectivement que vous n’avez rien compris à l’accouchement sous X, ni côté mère abandonnante ni côté enfant abandonné
J’ai découvert à 49 ans que j’étais né sous, avec un prenom, un age et une ville j’ai retrouvé ma mère et mon père au cimetiere après 7 ans de recherches
Vous vous abritez derriiere des textes de loi aussi injuste en négligeant la souffrance des 2 côtés
Quand on se lance dans la recherche de son histoire, on sait bien qu’on ne va pas decouvrir une histoire joyeuse, et alors, c’est notre histoire, comme vous avez la votre
MAIS, VOUS ? Pourquoi pouvez vous connaitre la votre et pas moi, ?
Et votre mère ne vous dit elle pas que vous êtes ce qu’elle a de plus cher au monde, pourquoi la miènne n’a pas le droit non plus
Quand allez vous accepter des reformes de société qui ne s’écrivent pas seulement de loin
Christine BOUTIN va appeler à voter pour vous, demandez lui de vous expliquer et de vous ouvrir les yeux
Aurez vous le courage d’accepter un débat public sur la question ?
Bonne soirée de reflexion
Pierre louis rene est mon identité de naissance, je l’ai gardé 5 ans
A mon tour je viens vous dire à quel point votre texte est incomplet et irréfléchi.
Je suis née sous X ,mère ET féministe .
Je suis de cette génération qui a milité pour le droir à l’avortement, pour un libre accès à la contraception, j’ai soutenu le planning, je me suis battue pour ma liberté de femme à choisir si je voulais être mère ou pas, je me suis battue pour que ma fille ne subisse pas tous ces diktats.
et nous avons avancé .
Je me suis aussi battue pour avoir accès à mon identité en tant que femme libre et entière qui a droit à son histoire , au visage et au regard de sa mère biologique , et cela n’a rien , mais alors rien avoir avec la famille adoptive, l’amour qui peut y régner ( ce fut mon cas ) le fait que PERSONNE ne mette en doute cette famille affective et le lien qui s’y crée . Il faut arrêter de tout mélanger !
J’ai retrouvé ma » mère » et je peux vous dire que cet accouchement sous X est une hérésie, je peux vous dire comment il met les femmes dans le déni, le mensonge organisé et le mal être.
et je vous passe les détails anectodiques … on lui avait dit que j’étais morte .
il ne s’agit en aucun cas d’obliger des femmes à élever un enfant qu’elles ne désirent pas … mais les aider à accompagner ce refus sans porter atteinte au droit ELEMENTAIRE de cet enfant à connaitre le nom de ses deux parents et son histoire personnelle dés et avant sa conception.
Il y va de la construction d’une personne , de son intégrité .
Les enfants adoptés à l’internationale y ont droit , pourquoi pas nous ?
Quand j’ai retrouvé ma » mère » elle oscillait entre » je ne vous ai pas mise au monde » et « voici une photo de votre grand mère »
Le choc émotionnel était très fort, pour elle et pour moi .
Mais la reconnaissance de mon existence par celle qui me l’avait donnée, le fait d’être nommée par elle , d’être inscrite dans une histoire et dans une descendance m’a permis de vivre enfin sereinement .
Et pour elle aussi ! pouvoir accepter ce qui était denier à l’époque pour des raisons MORALES ET Hypocrites , pouvoir parler enfin de ce qu’elle avait subi , pourvoir dire ce qu’il c’était passé , fut très salvateur pour nos deux familles.
nous ne sommes plus en contact , on ne fabrique pas de l’affect , il se cré .
Mais quel soulagement !
La souffrance de cette femme a duré jusqu’à ce moment là , vous qui la prennez tant en compte essayez d’y réfléchir un tant soit peu !la vie de cette femmene s’arrête pas non plus au moment où elle sort de vos bras chaleureux … certes votre égo doit être satisfait…
mais vcette femme continue sa vie et son enfant la démarre et non pas à trois mois commele lui signifie ses faux papiers d’adoption, mais comme tout à chacun au moment où il nait d’une femme -sa mère – et résultante d’un rapport entre deux personnes ( quelqu’il soit ) et de neuf mois de gestation.
Laissez moi enfin vous dire à quel point je trouve votre papier agressif envers ces enfants et auto complaisant en ce qui vous concerne .
combien de temps devrons nous encore attendre que des gens comme vous cessent de nous empêcher d’exister ,
Le titre de votre article est incompréhensible dans la mesure ou il va à l’encontre de vos propos: » une nouvelle attaque contre l’accouchement sous x » alors que vous êtes pro-anonymat, souhaitez le maintien de l’accouchement sous x, que vous défendez par conséquent! Preuve s’il en est de vos lacunes sur ce sujet…
Anne
Moi, femme abandonnée sans filiation, adoptée,mère, grand-mère,citoyenne déclarée française,je décline que la loi actuelle de l’accouchement sous X , tue la mère de naissance, tue l’enfant (devenu adulte) lorsqu’il est en recherche de ses origines.
Et c’est cela Madame que vous appelez PROTECTION DE LA FEMME ?
Je vous trouve Madame bien loin de la réalité dans l’humain …….
Avez-vous le suivi de ces mères de naissances 20 ,30, 40 ans voir davantage après votre prise en charge des consultations de ces femmes ???
Là n’est certainement plus votre probléme !!!!mais bien le notre (celui de la mère de naissance qui n’a pas choisie d’accoucher sous x) et par cela un bébé vierge de tout passé .c’est scandaleux pour des êtres humains vivants .
les arguments invoquer sont totalement obsolétes c’est un sujet humain et non médical.
Je soutiens la proposition de loi de Madame la députée Brigitte Baréges.
Moi, femme abandonnée sans filiation, adoptée,mère, grand-mère,citoyenne déclarée française,je décline que la loi actuelle de l’accouchement sous X , tue la mère de naissance, tue l’enfant (devenu adulte) lorsqu’il est en recherche de ses origines.
Et c’est cela Madame que vous appelez PROTECTION DE LA FEMME ?
Je vous trouve Madame bien loin de la réalité dans l’humain …….
Avez-vous le suivi de ces mères de naissances 20 ,30, 40 ans voir davantage après votre prise en charge des consultations de ces femmes ???
Là n’est certainement plus votre probléme !!!!mais bien le notre (celui de la mère de naissance qui n’a pas choisie d’accoucher sous x) et par cela un bébé vierge de tout passé .c’est scandaleux pour des êtres humains vivants .
les arguments invoquer sont totalement obsolétes c’est un sujet humain et non médical.
Je soutiens la proposition de loi de Madame la députée Brigitte Baréges.
A 40 ans, une journaliste radio finit par retrouver sa mere biologique qui l’a abandonnée, bébé. Ce que la mere a vécu a 17 ans, elle l’a enfoui dans sa mémoire. La fille vient le déterrer pour aller mieux. C’est le thème du film « parlez moi de vous » que j’ai vu hier.
L’article contre le rapport Bareges et contre l’accès d’ adultes a leurs origines est affligeant. Savoir d’où l’on vient, c’est le contraire du « no man’s land » et du « no woman’s land » propre aux temps de guerre. La terre ferme vaut mieux que la vase. On y marche plus facilement sans avoir a se dépatouiller avec des secrets mal gardes ou verrouilles, empêchant de s’inscrire sereinement de génération en génération. Pouvoir se définir permet de sortir du magma de la mythologie.
Bonjour , merci pour les commentaires
je vais sans doute me répéter (et ceci n’engage que moi) :
Tous les cas malheureux évoqués ci-dessus sont antérieurs à la loi de 2002
(que la CEDH juge conforme à la Convention Européenne des Droits de l’Homme.)
Le CCNE a émis un avis en 2005 concernant cette loi qu’on ne peut occulter.
Le nombre d’accouchements sous X décroit depuis 10 ans (de 700 à 600 par an) et personnellement je crains qu’en modifiant cette loi on risquerait d’obtenir l’effet inverse de celui recherché et en fin de compte une augmentation du nombre d’enfants abandonnés par « abandons sauvages » (CEDH) chaque année sans aucune possibilité de connaître leur origine.
rappel : ce passage de l’article de Mme Ferreira :
La Cour Européenne des Droits de l’Homme, dans l’arrêt Odièvre du 13 février 2003 a approuvé la loi française : «…les intérêts en présence font apparaître, d’une part le droit à la connaissance de ses origines…et d’autre part l’intérêt d’une femme à conserver l’anonymat pour sauvegarder sa santé en accouchant dans des conditions médicales appropriées… L’intérêt général est également en jeu dans la mesure où la loi française a pour objectif de protéger la santé de la mère et de l’enfant lors de l’accouchement, d’éviter les avortements, en particulier clandestins, et des abandons sauvages.»
Pour ces lois dont on sait qu’elles ne seront jamais idéales sur des sujets très délicats je me contenterai donc de citer Montesquieu :
«Il est parfois nécessaire de changer certaines lois mais le cas est rare, et lorsqu’il arrive, il ne faut y toucher que d’une main tremblante. »
(Merci de me laisser le droit d’émettre humblement cette opinion personnelle. JML)
En réponse à Modem17/JML :
Les pays dont la loi ne permet pas l’accouchement sous X ne connaissent pas plus d’abandons sauvages que les autres, pas plus que d’infanticides, il me semble qu’il a déjà été question dans les commentaires d’études prouvant ces faits…ouvrez les yeux s’il vous plaît et cessez de resservir des arguments qui sentent le réchauffé et qui sont de fausses allégations.
Sans rancune ni agressivité…mais avec une profonde envie que les perpétuelles répliques erronnées soient placées dans les débats et que l’on aille au-delà pour bâtir du constructif enfin.
Cordialement,
- A Sihanook :
La loi de 2002 actuellement en vigueur a été votée conformément au fonctionnement démocratique de nos institutions. Les pays étrangers sont libres de fonctionner différemment.
Je signalerai seulement les chiffres donnés par l’Ordre National de Sages-Femmes en 2009 en commission du Parlement Européen : 15% des femmes qui accouchent sous X en France viennent de pays étrangers. A Lille 30% des femmes qui accouchent sous anonymat viennent de Belgique. Le lecteur conclura.
- A Jean-Marie Coupleux :
La Convention Internationale des Droits de l’Enfant précise dans son article 7 / 1. « L’enfant est enregistré aussitôt sa naissance et a dès celle-ci le droit à un nom, le droit d’acquérir une nationalité et, dans la mesure du possible, le droit de connaître ses parents et être élevé par eux. »
Tout est donc dans la lecture de ce « dans la mesure du possible » qui peut laisser court à plusieurs interprétations. Je préfère donc personnellement me ranger aux avis de la CEDH et du CCNE concernant la loi de 2002 (et ceci n’engage que moi)
En tant que modérateur du site, j’ai décidé de fermer les commentaires sur ce sujet après avoir précisé quelques points :
- l’article est une tribune libre, Mme Ferreira y exprime une opinion personnelle qui n’engage pas le Mouvement démocrate. De même que mes commentaires n’engagent que moi.
- je ferai amicalement remarquer que peu de fédérations de partis politiques laissent ouvert leur site aux commentaires notamment sur des sujets de société aussi sensibles.
- Sur internet, vous trouverez facilement les coordonnées du Mouvement démocrate à Paris pour éventuellement exposer vos idées sur ce sujet délicat.
Merci de votre compréhension. JML