
La nausée nous est venue. Encore une petite fille violée, un fait divers, une presque banalité.
Aucune excuse. Elle faisait du vélo devant sa maison. Comme tant d’autres enfants elle devint, malgré elle, un aimant pour la folie dévastatrice d’un prédateur.
Les pédophiles nous en avons assez, nous n’en voulons plus.
Ras le bol des abus ici, ras le bol des abus là-bas. Là-bas ce sont ces pays d’esclavage sexuel, Thaïlande, République Dominicaine, Maroc et tous les autres.
Les pédophiles dans la ville, les pédophiles rôdeurs mais aussi les pédophiles dans les familles, les pères, les oncles, les grands-pères qui abusent, qui avilissent, qui tuent l’innocence et le rêve, les incestueux.
Et les femmes, les femmes violées, les femmes abusées, les femmes meurtries, les femmes soumises, les femmes éclatées !
Femmes, adolescents, enfants, révoltés, las, fatigués d’être pris pour de la marchandise sexuelle, pour le plaisir des mecs, salopards, qui avancent, tranquilles, peu traqués, peu repérés, peu condamnés.
Quelle est la réalité de la France ?
Les chiffres donnent le vertige. Il faut pourtant les regarder.
1. Les enfants
Une fille sur huit et un garçon sur dix sont victimes d’abus sexuels avant l’âge de 18 ans. C’est dire que dans une classe de 30 élèves, trois ou quatre parmi eux sont abusés.
10% des enfants sont victimes.
Les sévices sexuels que subissent les enfants recouvrent l’inceste, le viol, les atteintes sexuelles, les attentats à la pudeur, l’utilisation des enfants pour le marché pornographique ou la prostitution.
45% des abus intéressent des enfants de moins de 9 ans et 22% des enfants entre 3 et 6 ans.
Dans la moitié des cas l’agresseur est un ami ou une connaissance de la famille. Les pères représentent 15% des agresseurs.
Seulement 1% des abus sont signalés.
Nous avons deux défis à relever, sans tarder :
- Oeuvrer pour que l’impunité dont bénéficient ces hommes cesse. Il faut lever le tabou et les condamner fortement de manière dissuasive.
- Améliorer le repérage. Savoir identifier les enfants abusés pour les aider à sortir du système qui les enferme.
Le repérage doit être fait dans le milieu scolaire. Il faut une sensibilisation et une formation des enseignants et des personnels de direction pour faciliter l’identification.
Il y a des signes communs à tous les enfants maltraités :
- Retard de langage
- Retard psychomoteur
- Instabilité psychomotrice
- Difficultés scolaires ou baisse brutale du niveau
- Syndrome régressif
- Absentéisme scolaire
- Fugue avec refus de retour au domicile
- Refus de se confier
- Enurésie
- Troubles du sommeil
- Troubles du comportement
De manière plus spécifique, en cas de sévices sexuels on peut en trouver d’autres :
- Activité masturbatoire compulsive et inappropriée
- Propos sexuels inadaptés
- Jeux sexuels avec les camarades non adaptés à l’âge
- Soumission à l’autorité de l’adulte
- Dans le jeu, identification à l’agresseur
- Hygiène et tenues négligées
- Dort tout habillé, porte verrouillée
- Plaies des organes génitaux externes
- Grossesse sans révélation de l’identité du père
- Infections génitales à répétition.
Les enfants nous adressent suffisamment de signaux pour tout nous dire.
A nous de savoir les entendre pour les soutenir.
2. Les viols
On estime à 48 000 par an le nombre de viols sur les femmes majeures de 18 à 59 ans, dont seulement 5% font l’objet d’une plainte.
En ajoutant les viols sur mineurs, sur les femmes âgées et sur les hommes, on peut considérer que la population française subit 100 000 viols par an.
Nombreux sont les combats à conduire dans les années qui viennent : économiques, sociaux, écologiques, environnementaux.
L’échéance électorale de 2012 nous offre la possibilité d’inscrire la levée du tabou des abus sexuels dans les priorités du nouveau gouvernement. Il faut impacter une détermination et un engagement sans faille dans la protection des enfants, dans leur accompagnement et dans la lutte contre la pédophilie.
Un travail éducatif de fond doit être mené pour que chacun écrive sa sexualité dans une harmonie personnelle, dans le respect du partenaire, sans contrainte, sans abus, sans violence et sans victime. Cela passera par un réel programme éducatif intégré dans les projets pédagogiques dès l’école primaire, pour modifier le regard des hommes sur les enfants et sur les femmes.
Seul le parti politique qui s’engagera à aborder et traiter le problème de l’inceste, de la pédophilie et du viol méritera la confiance et le vote des citoyens.
Lever le tabou et lui tordre le cou.
Otilia Ferreira
Gynécologue-obstétricienne
Médecin de Protection Maternelle et Infantile
Conseiller National du Mouvement Démocrate






Merci, chère Otilia, pour cette prise de position qui doit figurer au programme du MoDem.
L’inceste et les violences faites aux enfants doivent être, à l’égal des violences faites aux femmes, considérées par la société comme les pires des négations humaines .
Didier Durand
Membre du Conseil National (représentant les Antilles).
A quoi sert de lever le tabou sur l’ampleur et la gravité de la criminalité incestueuse, criminalité destructrice de l’identité humaine, donc criminalité contre l’humanité ,
si ce tabou perdure concernant sa prescription , laquelle assure une complète et obscène sérénité aux agresseurs et un enfer sur terre aux victimes ?