Propositions pour l’utilisation de l’eau en agriculture

La sécheresse qui sévit gravement en France actuellement, et particulièrement en Poitou-Charentes nous conduit logiquement à replacer « en une » cet article publié le 14 mars dernier.

Nous y ajoutons l’interview sur RTL, ce lundi 23 mai de Yohan Delage, agriculteur, vice-président de la Chambre d’agriculture de Charente qui déclarait : « On ne sait pas faire des réserves d’eau » [cliquer ici pour écouter l'interview sur RTL.fr]

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Michel-AmblardPar Michel Amblard

Agriculteur
Vice-Président de l’EPLEFPA de Saintonge
Membre de la Chambre d’Agriculture 17, rapporteur de la commission territoire

Candidat dans le canton de Saint-Genis-de-Saintonge

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Préambule

- L’impact social de l’augmentation de la valeur ajoutée permise par l’utilisation de l’eau peut être estimé à 3000 emplois en Charente Maritime.

- Les besoins potentiels de l’agriculture départementale sont de l’ordre de 50 à 60 millions de M3.

- La consommation d’eau potable sur une année est d’environ 60 millions de M3 prélevés en nappes profondes (300 m). L’usine de St Hyppolite assure le stockage suffisant avec les traitements adéquats pour garantir l’approvisionnement. Le nord du département est alimenté partiellement par la Vendée.

Problématique

- Les besoins de l’agriculture sont en période estivale : Période où l’utilisation de l’eau potable est la plus forte et où le milieu naturel est en étiage.

- Tout le monde admet aujourd’hui, agriculteurs y compris, que le prélèvement dans la nappe phréatique d’une quantité supérieure à la ressource n’est pas une bonne solution.

- En tout état de cause, l’unanimité se fait pour admettre que le prélèvement d’eau potable est la priorité !

Propositions

A partir de ce postulat, et concernant l’agriculture, le Mouvement Démocrate  de  Charente-Maritime propose :

- De distinguer et bien séparer l’irrigation des cultures (il est naturel que les plantes aient besoin d’être arrosées en période de sécheresse) du prélèvement dans le milieu. (on ne boit pas avec un verre vide)

- Plusieurs solutions, complémentaires les unes des autres, sont envisageables pour assurer l’approvisionnement agricole :

  1. Récupérer une partie de la pluie qui tombe sur les surfaces imperméables (zones urbaines et industrielles, routes, autoroutes, toitures, etc.)
    Selon l’IGN, cette surface représente environ 60 000 hectares en Charente-Maritime. A raison de 950 mm de pluviométrie moyenne, le stockage de 10% de cette pluie représente plus de 50 millions de M3 (volume équivalent aux besoins de l’agriculture)
  2. Réutiliser partiellement les eaux à la sortie des stations d’épuration. Cette possibilité permettrait d’optimiser les stations qui sont souvent insuffisantes.
  3. Travailler sur l’évolution des pratiques culturales pour avoir des plantes moins gourmandes en eau (binage, variété plus précoce, etc.) et améliorer l’effet de l’irrigation (système goutte à goutte).

Bien d’autres solutions existent et se réaliseront dans la mesure où le débat pourra se dépassionner :

- Chacun de nous doit prendre conscience que la production locale de denrées est indispensable à l’autosuffisance alimentaire et à l’équilibre socio-économique de nos territoires.

- L’eau est une richesse collective qui doit être utilisée avec raison et sagesse pour la préserver.

Conclusion

D‘importantes améliorations écologiques peuvent être réalisées en diminuant les prélèvements pendant la période estivale et en optimisant la dépollution des eaux artificialisées.
L’équilibre financier pourra être trouvé dans la mesure où la création de nouvelles et gigantesques stations d’épurations deviendra moins nécessaire et où les coûts, déjà existants dans les budgets d’assainissements, seront inclus dans les travaux de génie civil urbains.

Michel AMBLARD