Lettre ouverte à Jean-François Fountaine

La Rochelle, élection municipale 2020

Vendredi 3 janvier 2020

Monsieur le Maire,
Cher Jean-François,

Nous avons beaucoup échangé ces derniers temps sur notre vision et nos ambitions pour La Rochelle. Dans la continuité de notre alliance de 2014, nous nous rejoignons à nouveau sur l’objectif ; aucun vote centriste n’a manqué au projet commun de la mandature. De nombreux chantiers sont en cours et la Ville constitue toujours « un vaste territoire des possibles ». Nous souhaitons y apporter ce qui nous tient particulièrement à cœur et fait notre spécificité. Dans cette ligne, le Cercle « La Rochelle créative et solidaire », fortement pénétré de l’esprit rochelais, se réunit depuis plusieurs mois. Il regroupe des femmes et des hommes de la société civile unis par et pour La Rochelle. Non partisans, ils se positionnent de la Gauche réformiste à la Droite sociale autour d’un noyau centriste. Ces origines plurielles sont le garant de notre éthique. Reconnu pour ses compétences, lucide et modéré, ce groupe est soutenu par des personnalités plus discrètes mais bien présentes dans la Ville, qui ne recherchent pas la visibilité et nous confortent de leurs contributions. Capable de construire avec les forces politiques républicaines, le Cercle (une soixantaine de personnes : scientifiques, juristes, artisans et commerçants, entrepreneurs, enseignants, métiers de la santé, communicants ou sportifs) constitue une intelligence collective mobilisée sur le court et le moyen terme. Il réfléchit et travaille pour le bien commun, produisant des idées et des projets. Il a la volonté de « faire ». L’esprit rochelais, c’est tout le passé de La Rochelle concentré pour nous projeter dans son avenir : solidarité, résistance, libre arbitre, ouverture vers le large, volonté d’entreprendre et force d’initiative au service des autres. Servir La Rochelle c’est d’abord l’aimer et la rêver. La Ville pendant ce mandat a commencé une métamorphose dans son organisation, ses circulations, ses infrastructures, sa sécurisation, le bien-être, une beauté monumentale retrouvée… Elle a ré-ouvert ses portes sur l’Océan et renoué avec le futur (territoire zéro-carbone). Pérennité et audace impliquent des exigences : une vision globale de la Ville comme un ensemble croisant écologie, culture et économie.
Et c’est ce qui nous amène à reposer les principes de « la cité idéale » cumulant pour elle tout ce qui peut se faire de bien. On voit ensuite comment on passe de l’utopie à la Ville de demain, tenant toujours compte de ses usages actuels et futurs. Concrètement, c’est traduire, au travers d’un « laboratoire de la rue modèle », les énergies et la singularité de La Rochelle. Une cité à la fois idéale et réalisable, où tout se construit dans la dimension du rapport à l’écosystème et aux Rochelais. Un espace public bien pensé est le socle d’une société heureuse, apaisée, fabrique de justice sociale et de vie démocratique. Quelques premières pistes dépassant les schémas traditionnels :
Un urbanisme pensé « du sous-sol au dessus des toits », en tenant systématiquement compte d’une possible extension future : fondations garanties contre les séismes et changements climatiques, exposition au soleil ou montée des eaux, réseaux (câbles, apports et évacuations diverses : eaux, déchets, électricité, recyclage, informations et données, dessin repensé des circulations…).
Une architecture liée aux éléments : pas de constructions neuves déconnectées de leur environnement, matériaux naturels et locaux (pas que du bitume ou de la pierre au sol, revêtements souples pour limiter les chocs sur le corps), circulation de l’eau (pilotis, double circuit et récupération systématique des eaux, « maison effacée » en termes d’impact environnemental y compris dans sa construction).
Des quartiers apaisés induisant une autre relation homme/nature (flore-faune) : « angles ronds ou adoucis », murs aux couleurs apaisées, absorbant les bruits, aux formes harmonieuses pour apporter un sentiment de sécurité, présence du végétal, offrant de la place à tous. Une mobilité qui appelle la possibilité de la rencontre et des échanges (faire se croiser des gens situés dans des « mondes parallèles » dans le temps et l’espace, provoquer un changement dans les habitudes pour ouvrir sur d’autres registres inattendus et enrichissants). Il faut quelquefois basculer de la spatialité à la temporalité, pour mieux comprendre le rythme et les impulsions de la Ville. Les mauvaises réponses créent de l’évitement et des exclusions sociales. Le politique doit donc s’évertuer à garantir le lien avec les élus et entre les citoyens, dans une pratique démocratique continue et un dialogue permanent (budget participatif par quartier, accès aux données publiques, commissions extra-municipales, consultations).
Au-delà de ce schéma structurant du projet de ville, le Cercle a approfondi des actions au quotidien, traduites en propositions annexées, pour être posées sur la table publique, mises en débat et nourrir un projet commun.
Avec l’expression de mon fidèle engagement pour la Ville que nous aimons et dans laquelle nous nous retrouvons.

Arnaud Jaulin
animateur du Cercle « La Rochelle créative et solidaire »




Pistes pour le projet municipal 2020-2026

Le prochain mandat ouvrira de nouveaux chantiers ou mènera à bien des projets en cours (Gabut, hôpital, transports urbains…). Ces perspectives amènent le Cercle à proposer d’investir des lignes directrices politiquement fortes. Il ne peut plus y avoir de projet isolé, tout se tient. La Ville est l’échelle du partage et le lieu d’intégration par excellence. Culture, économie, environnement, solidarités, la Ville agrège plusieurs dimensions qui prennent leur sens dans une vision globale et transversale, impliquant de savoir raisonner en termes de multiplicité d’activités et d’usages (commerce, création, sport, alimentation, art, culture, industrie, santé qui génèrent eux-mêmes de nouveaux besoins de déplacement, d’accès aux ressources et aux communications).
Les enjeux de la Ville exigent désormais de dépasser les frontières administratives pour certaines questions fondamentales (transports, eau, éclairage, air…) et de construire avec les territoires voisins (par ex. : travailler avec les métropoles, complémentarités avec Bordeaux mais aussi solidarité avec l’Aunis à travers un fonds territorial). Mieux vaut promettre peu, tenir, réaliser. Ces propositions ne rendent pas totalement compte de la production du Cercle. Il y a de quoi se projeter sur plusieurs mandats.
De premières pistes :

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