Retour sur Guidel 2019

par Élisabeth DELORME-BLAIZOT

L’Université des Démocrates, c’est de plus en plus un festival de l’engagement politique, avec une programmation intense d’idées, de rencontres, d’initiatives et de pratiques.

Chaque jour, il faut arbitrer, choisir, renoncer ; ce foisonnement, c’est à la fois très plaisant et très frustrant.

Un petit coup d’œil en transverse pour donner une première idée à ceux qui n’ont pu y participer et leur donner envie d’y participer en 2020.

Ouverture le vendredi en fanfare des députés bretons sur le mode bagad (Quimper et Lann-Bihoué ne sont pas loin), précédant l’entrée du ténor Bayrou sur le grand air de la démocratie de proximité vivante et exigeante, et reprise de lucidité et vigilance.

Intermède culturel autour d’un « trésor à partager » avec Jean Jacques Aillagon (ancien ministre de la Culture), Zahia Ziouani (cheffe d’orchestre) et Madeleine Louarn (metteure en scène), le tout sous la baguette agile de Fabien Robert, adjoint au maire de Bordeaux, auteur du best – seller « Pourquoi je crois en la politique ».

C’est aussi le moment des virtuoses et des performances avec l’IFED (tout sur l’élu, les collectivités, le développement locales), tandis que les voix des parlementaires résonnent et que s’ouvrent les « Evénements MoDem » et l’ »Université 133″. Pendant ce temps, les conseillers nationaux, les responsables départementaux donnent également de la voix en plénières ou en ateliers.

Les Jeunes démocrates sont déjà de la partie et prennent une longueur d’avance sur la « loi bioéthique ».

Et c’est déjà la soirée, on se retrouve, on se congratule, on se réjouit, on s’encourage et on partage.

Dès le petit matin du samedi, tout le monde se retrouve autour des tréteaux et ça repart, alternant les genres et les styles plénières politiques où se retrouvent politologues, experts historiens, journalistes (L’Europe et le monde face à la montée des périls), Ministre (duplex avec Agnès Buzyn en mode mineur tout à la fois naturel, harmonique et mélodique, revenant sur le thème de la prévention et de l’anticipation, accompagné chaleureusement par François Bayrou, et concerto « environnement : protégeons nos biens communs » avec un panel de spécialistes.

Mais pendant ce temps là, ça swing partout entre « Événements Modem » – Municipales 2020, « sites internet départementaux », « Territoires en action », « Allées des Civic Tech » – tandis que reprennent les performances de l’IFED (mobilités, patrimoine, conduite du changement, transition écologique, développement urbain, réseaux sociaux (twitter), prise de parole, débat local et dépenses en période électorale. On ne sait plus où donner de la tête tandis que les « Ateliers Europe » se remplissent.

Pas de véritable entr’acte et après un déjeuner de festivaliers, tous les ensembles se reforment et le spectacle reprend dans la grande salle avec les solistes Richard Ferrand, Jean Michel Blanquer, les chœurs sur les thèmes de la Transition, les réformes et le dialogue social chantés par Marylise Léon (CFDT) et Patrick Martin (MEDEF), l’Engagement de la jeunesse avec Geneviève Darrieussecq, le Colonel Deregnaucourt (Sapeurs pompiers de France). Une voix connue et aimée, celle du rappeur Rost, président de « Banlieues actives », suscite l’émotion générale, suivie de la belle chorale « France : La démocratie à l’épreuve » (Olivier Mongin – revue Esprit, Jean-louis Bourlanges (député), Christophe Bellon (Université Catholique de Lille), Jean Claude Casanova (revue Commentaire).

Ateliers, Événements, Allées, Territoires font à nouveau florès et on entend toujours en sourdine l’Académie des JDem tandis que l’IFED poursuit ses performances programmatiques.

La soirée prend ses allures habitudinaires : on se retrouve mais on change de partenaires et c’est autour de la fontaine à bière que le tempo est le plus vif ; certains auront du mal à s’en remettre.

Le petit matin suivant c’est avec la petite nostalgie du dernier jour qu’on rejoint la grande salle pour le concert final. Le rideau s’ouvre d’abord sur un joli duo Marie-Pierre Vedrenne et Guy Verhofstadt (députés européens) suivi d’un quintet : « Perspectives pour l’avenir » réunissant Jean Noël Barrot, Geneviève Darrieussecq (Ministre des Armées), Patrick Mignola (député) Jacqueline Gourault (Ministre de la cohésion des territoires et des collectivités territoriales) Marc Fesneau (ministre des relations avec le parlement) avec en duplex notre magnifique soprano Marielle de Sarnez. Vient ensuite à nouveau un solo : Stanislas Guérini (secrétaire général de LREM) – largement applaudit, enfin le retour attendu du ténor François Bayrou (ovationné à son accoutumée) avec en premier l’air magnifique de la condition humaine et politique à la mémoire de Jacques Chirac suivi du chant de l’engagement et de l’action.

Ces rencontres sont clôturées par le baryton (tessiture des grands rôles) en la personne du premier ministre Édouard Philippe sur un mode grave (transparence sur l’incendie de Rouen) mais aussi plein d’espoir : rassemblement des Français autour de la personne de Jacques Chirac, capacité de la France à réussir.

Convivialité, embrassades, chacun reprend la route.

Parmi toutes ces possibilités, comme chacun se fait sa programmation à la carte, elle ne peut-être qu’excellente !

On se laisse porter par ses priorités, ses envies, ses préférences et ses amitiés.

On laisse quand même de place à la curiosité et aux surprises.

Coups de projecteur

Humour d’abord, vérité, lucidité avec Guy Verhofstadt, ancien premier ministre de Belgique et ancien président du groupe ADLE, député européen.

Le Brexit : « On ne sait pas (locution belge) regarder ce qu’il y a dans la tête de Boris Johnson ! ». Il est possible qu’il y ait Brexit, ou pas ! Un nouveau gouvernement ou pas !

Mais quoiqu’on veuille nous faire croire, ce n’est pas l’Union européenne qui quitte la Grande Bretagne ! C’est bien elle.

Le seul avantage du Brexit, c’est qu’il y a désormais une vraie pensée pro-européenne en Grande Bretagne. Ce qui est réjouissant dans cette affaire du Brexit, c’est que le plus grand mouvement européen se trouve désormais en Grande Bretagne. Ils sont 6 millions. Ils peuvent mettre 1 million de manifestants pour l’Europe dans la rue.

Et revenons à l’essentiel : l’Union Européenne ! C’est à elle qu’il faut se consacrer et à sa réforme nécessaire et la réformer la plus vite possible. Elle décide toujours trop tard, elle prend des mesures toujours trop faible (crise financière, crise migratoire (système Dublin), pas de fédération d’entreprises digitales en Europe, pas de marché digital unique avec un régulateur unique ». Aucune proposition ne peut se prendre avec le mode de décision à l’unanimité.

Notre espoir d’en finir avec la règle de l’unanimité et de créer une vraie démocratie est placé dans la conférence 2020.

Aller vers un nouveau système démocratique, donner une vraie voix aux citoyens (contre les populistes et les nationalistes), élire directement le président de la commission au suffrage universel, ça c’est le vrai défi.

C’est notre moment. Les résultats des élections européennes nous en donnent la possibilité avec un nouvel équilibre. Si on ne réforme pas L’Europe maintenant les citoyens vont perdre confiance, se décourager, se détourner de l’Europe.

Nous sommes entrés dans le monde des grandes civilisations : « Chine -Inde – Etats-Unis d’Amérique. Nous sommes en concurrence et ce n’est qu’au niveau européen qu’on peut se défendre, regagner la capacité de décider de notre propre sort, donc regagner de la souveraineté.

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