CR du Bureau du 17/02/18 (extrait)

(l’intégralité du CR – rédigé par Elisabeth Delorme – est adressé aux adhérents)

« 6/ Actualités agricoles
Michel Amblard (ndlr: Président du MD17) fait un retour sur les « États généraux de l’alimentation », qui ont provoqué un grand brassage d’idées, ont été l’occasion de nombreux débats et qui doivent aboutir à un projet de loi.
Quelles que soient les difficultés de mise en œuvre, c’est un pas important qui a été franchi, qui remet le produit au cœur de l’économie agricole et doit refonder les bases du fonctionnement actuel.
Ce qu’on en retire pour les agriculteurs : c’est l’idée de construire autrement le prix du produit notamment du produit alimentaire, de sortir du seul rapport entre commercialisation et consommateurs pour revenir au coût de production et établir des prix qui ne soient pas déconnectés du monde agricole. Mais qu’est-ce que définir un coût de production quand on a 400 000 producteurs ? On sait parfaitement que ça va être difficile de traduire dans la réalité de façon concrète. Mais ça rebat les cartes, ça change les relations entre distributeurs et producteurs.
Le moment et le contexte y sont favorables bien en phase avec
– la nouvelle demande sociétale de qualité et d’identification du produit au terroir (bio, circuits cours …),
– la montée de la relation directe entre producteurs et consommateurs (commandes en ligne, rôle d’Amazon et livraisons directes …).
Si on peut revaloriser le produit ce sera également intéressant en termes de marketing. Les distributeurs en ont conscience et jouent déjà sur cette corde dans la relation client.
Mais c’est difficile ; il faut avancer en restant en lien avec l’économie et tenir compte du déficit de la balance commerciale.
Ces rencontres ont permis de revenir sur la situation de la Région Nouvelle-Aquitaine, avec une balance commerciale favorable grâce à l’exportation des produits de la viticulture (cf. article SO du 18 février ci-après joint)
Ces États généraux ont au moins permis d’aborder ces sujets et d’envisager de s’orienter vers une meilleure équité et un modèle qui ne détruit pas la ressource.
Michel Renault insiste sur la perte de compétences induite par des modèles inadaptés.
On a ainsi perdu la main sur la production des panneaux solaires. En Europe on ne fabrique pas d’écran plat en télévision. Les banques ont du mal à intégrer les nouveaux business modèles et ne sont pas assez réactives.
Michel Amblard ajoute que selon Philippe Dessertine dont il a pu écouter la conférence sur la « Nouvelle économie » lors des vœux inter-consulaires : on est en rupture de modèle, on va déconcentrer et sortir du tout concentré pour aller vers des rapprochements entre producteurs et consommateurs loin des zones commerciales. Une start-up qui grandit, ça tourne très vite et on pratique de plus en plus directement des appels aux capitaux et on se tourne vers du financement participatif plutôt que des emprunts auprès des banques. »

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