« La séparation des pouvoirs, ce n’est pas la protection des abus, ni la dissimulation des dérives »

Mercredi dernier, le président du MoDem était l’invité de Questions d’info, sur LCP. Il a notamment défendu l’idée d’une justice française équitable, sans immunité, qui s’appliquerait à tous les citoyens sans nulle distinction, y compris aux parlementaires.

Bienvenue à Questions d’Info. À deux mois de l’élection présidentielle, l’incertitude plane sur la campagne. Dans ce contexte, y-a-t’il encore un espace pour un candidat du centre ? Invité de Questions d’Info aujourd’hui, justement, François Bayrou, le président du MoDem, le maire de Pau, auteur de Résolution française, c’est publié aux éditions de l’Observatoire. À mes côtés pour vous interroger, monsieur Bayrou, Françoise Fressoz du Monde, Frédéric Dumoulin de l’AFP et Yannick Falt de France Info.

Le ministre de l’Intérieur Bruno Le Roux a saisi hier l’IGPN, la police des polices, après de nouvelles accusations de violence visant un des policiers mis en examen pour l’interpellation brutale de Théo début février à Aulnay-sous-Bois. Est-ce qu’il y a un problème aujourd’hui dans la police nationale ?

Il y a un problème dans les banlieues, il y a un problème auprès d’un grand nombre de jeunes Français, pour la plupart, qui sont aujourd’hui dans une situation d’affrontement trop souvent avec les forces de sécurité. Et cet ensemble d’incompréhensions entre forces de sécurité et un certain nombre de jeunes des banlieues est l’expression ou le symptôme de ce problème plus large des difficultés que depuis très longtemps la France a avec ses quartiers. On a dépensé beaucoup d’argent pour les bâtiments, on n’a pas fait les investissements nécessaires pour les relations humaines. Et deuxièmement, il faut mesurer que ce qu’il se passe, et notamment dans ce drame qu’on évoque…

Donc on parle du drame de Théo.

De Théo. Dans ce drame-là, vous voyez bien, il y a violence et humiliation. Et en même temps, de l’autre côté de la barrière, les policiers ressentent aussi eux quelque chose qui est de l’ordre de l’humiliation, qui est de l’ordre de la provocation. Et donc tout le travail qui devrait être fait, travail de compréhension mutuelle, ce travail n’est pas fait. Est-ce qu’on peut le faire ? Est-ce qu’on peut le conduire ?

Est-ce que ça passe, par exemple, par un rétablissement de la police des quartiers ou une proximité plus forte ? Comment vous voyez les choses ?

Vous savez, un, que je défends depuis très longtemps la recréation, la reconstruction d’une police de proximité, qui serait enracinée, qui a été supprimée par Nicolas Sarkozy, et qui serait enracinée dans les quartiers et c’est une très mauvaise chose. J’ai même défendu l’idée qu’il fallait que ces fonctionnaires ou un certain nombre d’entre eux un jour puissent de nouveau à leur demande, à leur choix, vivre dans les quartiers. Et ça passe par quelque chose de beaucoup plus profond et que je défends dans ce livre Résolution française qui est la création d’un service civique universel, avec une composante de sécurité, de manière que des jeunes Français de toutes origines et de tous quartiers, parce que tout le monde a besoin de sortir de son horizon fermé…

Filles comme garçons.

Filles comme garçons puissent apprendre les gestes de sécurité, puissent être formés ou en tout cas initiés à la manière dont on se voit entre jeunes Français ou entre Français et professions de sécurité. Il y a un travail d’éducation à conduire, qui est un travail que je considère comme facile, enfin facile, comprenez ce que je veux dire, accessible, même si ça demande un très très gros effort. Ce travail n’a pas été conduit, et c’est pour cette raison-là que nous sommes où nous en sommes. S’il y avait eu 10 % des sommes qui ont été consacrées au béton, si ça avait été attribué au travail humain qu’il faut faire, on n’en serait probablement pas là.

C’est sur le long terme, mais vous dites…

C’est le moyen terme.

Vous dites : « violence et humiliation », est-ce que ce sont les ingrédients pour qu’on ait à nouveau, comme en 2005, un embrasement des banlieues ?

Je pense qu’on n’est pas très loin d’un accident.

Pas très loin, ça veut dire quoi ? Avant la présidentielle ?

> Lire la suite sur le site du Mouvement démocrate <

 

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